toujours les faux problèmes mis en avant par Luc Perrin 2012-03-10 12:40:08 |
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et pas les vrais (conséquences de l'interreligieux sur la Mission/évangélisation définie par Paul VI lui-même comme l'essence de l'Église). Un n° récent du Courrier de Rome "oubliait" complètement la question.
"Si le problème se présentait sous cet angle, vous auriez probablement raison, n’en déplaise à l’abbé Toulza. La question est de savoir si, depuis Vatican II, l’autorité est toujours là où vous croyez la voir." (Vianney)
Non ce n'est pas du tout la question sur un plan historique. Vatican II reprend explicitement les prérogatives dogmatiquement définies à Vatican I pour le Souverain Pontife. Vous irez dans un mur en essayant d'établir une discontinuité, une rupture là où il n'y en a pas.
D'autant que l'explicitation par le Magistère (les recognitio requises, Apostolos suos 1998) est dans le sens d'une lecture en continuité.
L'après Vatican II voit en effet un retour au galop des idées néo-gallicanes et fébroniennes : c'est un fait, le tout habillé par une novlangue théologienne, mais pas à Rome. Est-ce nouveau ? Pas du tout, l'Eglise gallicane avant 1789 est bien plus indépendante du pape que quelques uns à la C.E.F. pourraient en rêver aujourd'hui. Était-ce la faute de Vatican II ?
La collégialité est-elle blâmable dans son principe ? Que nenni et aucun des Pères de la Minorité ne l'a jamais prétendu. Mgr Lefebvre le premier qui savait fort bien, en Afrique de l'Ouest, ce qu'est une assemblée d'évêques et qui fut très dépité - à juste titre - quand on lui a fermé la porte de l'A.C.A. en 1962 en dépit de son titre archiépiscopal. L'A.C.A. existe bien avant le Concile, la principale conférence allemande depuis 1848, l'Église américaine se réunit en concile national 3 fois au XIXe etc.
Ce qui est en cause n'est pas dans les textes conciliaires ici mais dans les têtes : un enseignement vicié largement répandu dans les institutions théologiques qui nourrit une animosité envers Rome (cf. von Balthazar le "complexe anti-romain" qu'il dénonçait), enseignement qui a trouvé des relais (ex. la Compagnie de Jésus dans sa majorité, la presse "catholique" de La Croix à America s'en fait souvent l'écho etc.), tout cela a effrité la culture de la "romanité" si forte de 1800 à 1950 pour donner un ordre de grandeur. Culture que Jean-Paul II s'est efforcé de ranimer et revitaliser avec le succès mitigé, très mitigé que l'on voit : sa grande réforme de l'enseignement théologique de 1990 est un échec patent et toujours pas appliquée dans son esprit. La débandade de l'Université Notre Dame (USA) ou celle de Leuven/Louvain sont là comme des tristes exemples de cet échec majeur.
Il y a aussi des causes externes avec une nouvelle poussée de la Modernité qui mine en profondeur la "communion hiérarchique" proclamée par Vatican II (Nota praevia) : les autorités en général étant affaiblies, cela fragilise aussi la romanité.
Blâmer une "collégialité" abstraite de tout cela est hors de propos. Le Concile, sur ce point, a bon dos, un dos bien large pour devoir supporter les insuffisances du gouvernement curial sur les sujets ci-dessus et les mutations sociales qui, Vatican II ou pas, se seraient inéluctablement produites.
Plutôt que de s'attaquer à des moulins à vent façon don Quichotte, il serait préférable de se concentrer sur les vrais passages, très limités (ex. dans Nostra aetate, quelques rares lignes de Sacrosanctum concilium ...), où des formulations maladroites ont permis à un fleuve de déviances multiples de s'engouffrer dans l'Église. Et de demander aussi à ce que l'aggiornamento de Vatican II soit fait, sous la houlette du Magistère et en associant de diverses manières des épiscopats (redynamisés), tellement certaines problématiques naïves du début des Sixties sont obsolètes de nos jours.
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