Votre intervention est truffée d'affirmations vraiment effarantes, qui laissent percevoir une vision de la sainte Eglise qui fait froid dans le dos: vous ramenez tout, précisément, à une attitude "politique", voire à de la "realpolitik"... et du coup vous désespérez. Evidemment! Après quoi vous ajoutez un prophétisme catastrophisant d'une vue purement naturelle des choses.
Je me répète mais le Supérieur prend le risque mortel d'un schisme futur vaguement sédévacantiste. En deux ou trois générations, il est possible techniquement de basculer, ô paradoxe, dans un subtil luthéranismes doctrinal sous des habits vieux-catholiques. C'est ainsi que l'on vu des familles catholiques intransigeantes se retrouver un siècle après chez les radicaux valoisiens, antre de la Maçonnerie et atlantistes pro-sionistes inconditionnels.
Mais, Monsieur, le "schisme" est consommé!!! ça fait 23 ans qu'on nous le dit, répète, cantilène, litanie, chante et décline... sur tous les tons grégoriens (au moins), à toute occasion (au moins aussi!). Soit, soit, soit, le schisme... si ça vous chante. Et pourtant, les fruits propres qui épanouissent sur l'arbre de la Sainte Eglise, sont là, constatables par tout ce qui est un brin honnête.
Le "sédévancantisme", quant à lui, on nous le prophétise au moins depuis la
Suspens a divinis... et certains y ont succombé,il est vrai, en masses même (souvenz-vous c'était terrible...), mais
par le fait même, ont été exclus (en masses aussi, et sans état d'âme) de la FSSPX.
Donc, pas de signes avant-coureurs pour vos prophétie. Tant mieux.
Il ne s'agit pas d'être "catholique intransigeant", comme s'il s'agissait de pouvoir transiger (négociation dont l'objet serait simplement humain..., politique, justement) sur le catholicisme, mais d'être simplement "catholique". Il ne s'agit pas d'être entre deux excès, entre deux abasolutismes (pour reprendre votre terme) ni de basculer de l'un a l'autre. Cela, il est vrai, relève d'une vision qui réduirait précisément le positionnement à un enfermement naturaliste, à l'idéologie... à la politique. Et on le sait bien, les idéologues sont près à tous les retournements, à 180 degrés même s'il faut, pourvu qu'on ne leur ote pas leur statut adoré d'idéologues.
Il s'agit d'être simplement catholique, fidèle à la Sainte Eglise, à la Foi, à la pratique sacramentelle... C'est ce que la FSSPX a toujours voulu, ce à quoi, du moins, elle a toujours prétendu. Accordons-lui au moins honnêtement cette volonté explicite de s'en remettre, face au mystère de la situation humainement inexplicable de l'Eglise, à Dieu et non à ses propres stratégies: elle n'en a aucune!!! C'est cela que vous lui reprochez? De fait elle navigue à vue, face au mystère et à la violence de la crise de l'Eglise qui est de l'ordre du constat.
Dés lors, confiance en Dieu, confiance en l'Eglise!
Un jour viendra..., disait Mgr Lefebvre, et on le répète encore
un jour viendra... - et on prie que ce soit le moins tard possible.
Dans cet esprit le Supérieur Général non seulement ne prend pas le
risque de..., comme vous dites, mais il ne prend même aucun risque. Évidemment, c'est peut-être cela (ne pas prendre le risque de...) qu'on peut, sur le plan politique, lui reprocher, mais certainement pas aux non de l'argument d'autorité ou de catholicité, comme vous semblez le faire, tant et tant de fois rebattu en prophéties de malheur qui doivent s'accomplir en un lendemain imminent ... depuis au moins 1975.
Il me semble qu'il y une information parue dans ce sermon, sur laquelle vous sautez à pieds joints et qui est néanmoins la pierre angulaire pour juger ensuite de la décision de Mgr fellay, parole qui met le sermon lui-même (et l'attitude pratique qu'il exprime) hors du propos "politique", pour le replacer directement devant le mystère surnaturel de la situation de l'Eglise. Lisez-le, avec bienveillance, svp, essayez de comprendre ce qui est simplement dit :
"[...] un geste surprenant après ces discussions doctrinales où l’on a constaté qu’on n’était pas d’accord. En effet c’est une situation semblable à celle de deux personnes qui se rencontrent, discutent et qui arrivent à la conclusion qu’elles ne sont pas d’accord. Alors, que fait-on ? Rome nous dit : vous acceptez quand même ! Et nous, nous répondons : on ne peut pas. [...]"
On a constaté qu'on était pas d'accord. Ce n'est pas rien comme constat, après discussions bienveillantes (vous avez grand tord de parler d'absolutisme par exemple!!!) entre gens sérieux, formés, judicieusement choisis de part et d'autre, après l'effort mutuel sur plusieurs mois, années... pour comprendre et discuter les positionnements respectifs, quant à l'objet doctrinal.
Or,
on a constaté qu'on était pas d'accord. C'est un constat terrible.
Le constat est donc : nous ne sommes pas d'accord sur la doctrine!
Le
devoir donc de Rome, au terme de ces discussions, est de purement et simplement condamner comme hérétique la FSSPX dans ses positionnements propos en désaccord avec le Pape... Pourquoi ne le fait elle pas??? Mystère.
Non seulement elle ne le fait pas mais... "
Alors, que fait-on ? Rome nous dit : vous acceptez quand même !" et non pas de proposer un accord
quand même !!! Pourquoi Rome ne condamne pas???
Le flou, l'attitude naturaliste (politique) dans le gouvernement des affaires du Royaume ne sont pas à la FSSPX, mais en revanche sont hélas - et l'exemple n'est hélas pas unique - des manières romaines.
Du coup la conclusion de Mgr Fellay est a-politique, elle est sur un autre plan : elle est de l'ordre de l'obligation morale, elle est surnaturelle et exprimée comme telle explicitement, relevant du mystère, face précisément à la réalité
incarnée de la Sainte Eglise, jamais contestée par lui, et qui
est la Sainte Eglise. En d'autres termes, lorsque la démarche "humaine" doit reconnaitre son impuissance à résoudre le problème, à comprendre même, on s'en remet à Dieu.
Soit:
1)
Non possumus,
on ne peut pas.
2)
C’est un grand mystère parce qu’en même temps que nous voyons ces choses et qu’il faut leur dire « non », il faut aussi continuer à dire que l’Eglise a les promesses du Bon Dieu : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16,18). D’un côté il faut maintenir que c’est l’Eglise du Christ, l’Eglise que Dieu a fondée, et de l’autre on voit quantité d’éléments qui ne sont pas l’Eglise, qui sont le contraire de l’Eglise mais qui sont à l’intérieur de l’Eglise.
Bref, l'exacte contraire de ce dont, a tort, vous avez cru juste de l'accuser.