La posture et le sacré par le torrentiel 2011-08-23 15:20:38 |
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Chers coliseurs,
Tout d'abord, il me semble que la "posture" est à la position ce que l'imposture est à la vérité. Posture et imposture ne sont pas tant des antonymes qu'ils ne sont des synonymes.
Quant au sacré, il relève d'une distinction avec leprofane qui, si elle est profondément ancrée dans le judaïsme, me paraît relativement extérieure au christianisme, religion de profane et de sacré mêlée où le profane doit être constamment sacralisé parce que le Sacré S'est profané ou Fait profane, pour reformuler selon cette dialectique le célèbre énoncé paradoxal de Saint-Irénée :
"Dieu S'est Fait homme pour que l'homme devienne Dieu."
Les pharisiens ont été constamment dénoncés par le Seigneur pour être épris d'un sacré d'apparat et qui avait du style :
ils se tenaient debout, priant aux carrefours, se composant des mines défaites pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnaient et faisant de fortes aumônes pour suggérer qu'ils étaient généreux, au contraire du publicain qui se tenait dans le Temple, assis la tête basse et se frappant la poitrine.
Je crains qu'à insister trop obsessionnellement sur "la posture" et en particulier sur l'agenouillement, l'on ait en réalité adopté les postures du publicain jusqu'à en rajouter (on ne s'agenouillait pas dans le Temple) et jusqu'à se battre la coulpe, tout en gardant les obsessions du pharisien sur l'importance du geste.
C'est un peu comme si on disait au Seigneur :
"Voyez comme je fais mes dévotions avec humilité et componction, contrairement à tous ces hommes qui se tiennent n'importe comment, et en particulier ces publicains."
Ce que le Seigneur a aimé dans la prière-confession du publicain, pécheur public, c'est qu'il se soit reconnu tel ; ce que le Seigneur n'a agréé, ni dans la prière du pharisien, ni dans la demande de lapidation de la femme adultère, c'est que ceux qui se regardaient prier ou qui accusaient la femme adultère cherchaient "le pécheur public" en ayant garde de se compter parmieux, tandis que le publicain ou la femme adultère avaient la tête sur le coeur et le coeur sur la main, pas fiers (ça ne serait pas venu à l'idée dela femme adultère de nier l'accusation qu'on portait contre elle), ce qui a poussé Jésus à les prendre en pitié jusqu'à dire aux pharisiens que les publicains et les prostituées les précédaient dans le Royaume des cieux.
J'écris ces lignes avec le secret espoir de faire prendre conscience à ceux qui sont très à cheval sur la posture et qui désignent à la vindicte publique un grand nombre de pécheurs, qu'ils s'enfoncent probablement dans l'erreur si,au moins avec la même sévérité qu'ils analysent les turpitudes des autres, ils ne font pas publiquement amende honorable de leurs propres imperfections.
D'ailleurs, ils devraient prendre pour imperfections les péchés des autres et pour turpitudes les leurs. Faute de quoi ce seront des redresseurs de torts qui prétendront enlever la paille qui se trouve dans l'oeil de leur voisin sans avoirôté la poutre qui obscurcit le leur et rend caduque leur regard.
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