Je n’ai jamais prétendu que le fidèle de 1955 faisait consciemment le lien entre la réforme de la Semaine sainte et Vatican II.
Je n'ai jamais prétendu de mon côté que vous l'aviez dit.
J'ai simplement dit que, pour l'immense majorité des fidèles, la réforme de la Semaine Sainte se distinguait de ce qui a suivi.
J'ai interrogé pendant des années des témoins de cette époque - particulièrement des fidèles du rang - sur le sujet de la réforme liturgique, aucun d'entre eux n'a jamais mentionné la réforme de Pie XII. Ceux qui m'en ont fait la remarque était exclusivement des prêtres.
Ce qui a retenu l'attention des fidèles est ce qui touchait spécifiquement à la messe, et, pour eux, le grand basculement n'est ni la suppression des prières au bas de l'autel, ni celle du dernier évangile.
Le premier saut est opéré en 65-66, quand la machine commence à s'emballer avec le vernaculaire et la communion dans la main, et le missel bugninien de 69 achève la transition en la maximisant et en systématisant les abus, même si, il est vrai, énormément de fidèles ne mesurent pas alors le gouffre qui sépare le missel de 65 de celui de 69.
Quant à la communion dans la main, elle ne fut d’ailleurs pas introduite partout de la même manière ni au même moment.
Je n'ai pas non plus dit le contraire, même si je ne sais pas d'où vous tirez qu'elle n'est pas introduite partout de la même manière.
La plupart des tables de communion commence à disparaître dès 1965, et le vandalisme s'aggrave dans les années suivantes. Fin 1967, la plupart des balustrades a disparu, et la route est largement ouverte pour la suite des opérations. Dès 68, la communion dans la main est déjà très largement répandue et encore davantage lorsque la synaxe est généralisée, courant 1970.
En Italie, il fallut attendre 1989.
C'est faux.
J'ai moi-même fait ma première communion en Italie, à Rome de surcroît, début 87, et tout le monde communiait déjà dans la main, même si la pratique traditionnelle subsistait largement par rapport à ce qu'on pouvait voir en France à l'époque.
Quant à tous vos points 1 à 4, ils sont parfaitement connus et j'y souscris évidemment.
La différence est peut-être dans la distinction entre
réforme et
révolution.
Avec 60 ans de recul, il est évident que ce qui s'est passé constitue une révolution.
Parler de réforme est factuellement faux, aussi bien qualitativement que quantitativement.