Interview de Mgr Tissiers par Ludwik 2026-05-07 02:32:19 |
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Mais voici l’extrait crucial.
Il montre que le problème était tout à fait vu par la FSSPX, qui ne se réfugiait pas derrière Journet ou la réception de Latran V (autre problème passionnant d’ailleurs).
Voici :
"Votre sacre, Monseigneur, n’a donc pas créé de schisme ?
— Non, et en aucune manière. Mais une question plus délicate était agitée dès 1983, quand Monseigneur Lefebvre, face au nouveau droit canon publié par Jean-Paul II, commença à envisager sérieusement de sacrer un ou plusieurs évêques : ces évêques, non reconnus par le pape, seraient-ils légitimes ? Jouiraient-ils de la “succession apostolique formelle” ? Seraient-ils, en un mot, des évêques catholiques ?
— Et cela, dites-vous, c’est une question plus délicate ?
— Oui, parce qu’elle touche aussi la divine constitution de l’Église, telle que toute la Tradition l’enseigne : il ne peut y avoir d’évêque légitime sans le pape, sans l’accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal. Alors la réponse est moins évidente, et même elle n’est pas du tout évidente… à moins de supposer…
— Mais, Monseigneur, vous n’êtes pourtant pas sédévacantiste ?
— Non, en effet. Mais il faut reconnaître que, si nous pouvions affirmer que, pour cause d’hérésie, de schisme ou de quelque vice d’élection secret, le pape n’était pas réellement pape, si nous pouvions prononcer un tel jugement, la réponse à la question délicate de notre légitimité serait évidente. L’ennui, si je puis dire, est que ni Monseigneur Lefebvre, ni mes confrères, ni moi-même, n’étions et ne sommes sédévacantistes.
— Monseigneur Lefebvre a pourtant été très réservé sur la situation des papes Paul VI et Jean-Paul II.
— C’est exact. Monseigneur Lefebvre, dès 1976, à propos de Paul VI, et plus tard à propos de Jean-Paul II, après Assise en 1986, a dit plus d’une fois : “Je n’exclus pas que ces papes n’aient pas été papes ; l’Église devra nécessairement se pencher un jour sur leur situation ; un prochain pape, avec ses cardinaux, se prononcera peut-être, jugeant que ces papes n’avaient pas été papes. Mais moi, je préfère les considérer comme papes.” Cela suppose que Monseigneur Lefebvre ne se sentait ni les éléments suffisants ni le pouvoir requis pour porter un tel jugement. Ceci est capital à noter. (...)"
Cette interview est extraordinaire et extraordinairement honnête.
Mgr Tissier, et donc Mgr Lefebvre, sont d’accord avec l’argument donné par la commission de 1983, par la FSSP et repris par l’abbé Vernier en 2026.
En le contestant, l’abbé Gleize et d’autres renient ou contestent leur fondateur. Je recite Mgr Tissier : “il ne peut y avoir d’évêque légitime sans le pape, sans l’accord au moins implicite du pape, chef de droit divin du corps épiscopal”.
C’est dit, non ?
Un intervenant a dit : “On ne va pas refaire 88.” Certes, mais à condition de connaître 88 et de prendre en compte tous les éléments.
Amen.
P.s.: extrait du numéro 123 de Fidéliter (mai-juin 1998)
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