Sensibilités héritées du romantisme par Peregrinus 2025-11-11 15:08:42 |
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Le fond du problème, c’est la sensibilité romantique que nous avons héritée du XIXe siècle.
Nos catégories esthétiques, on ne s’en rend pas assez compte, sont largement tributaires du romantisme et du postromantisme. C’est très net dans le domaine de l’art profane où notre conception de l’artiste est en fait, sous d’autres oripeaux, celle de l’artiste romantique. C’est encore plus clair dans le domaine de la musique, où l’histoire de la musique telle qu’elle est encore vulgarisée, le « répertoire », les institutions nous viennent très directement du XIXe siècle.
Sur le plan religieux, le XIXe siècle réagissait logiquement au bouleversement révolutionnaire et à la rupture profonde qu’elle avait, sinon introduite, du moins aggravée et radicalisée entre la culture et la foi. C’est dans ce contexte religieux romantique – dont participe pleinement un Dom Guéranger par exemple – que se développent des conceptions qui identifient art médiéval et art chrétien : c’est l’époque où un abbé Gaume se lance dans sa (à mon sens grotesque) croisade contre la « Renaissance païenne » ; où un Montalembert rêve de raser Saint-Pierre de Rome pour édifier à la place une église néogothique, etc. Au fond, on en est encore là.
En réalité, le baroque, le classique ou le rococo ne sont pas plus « mondains » que le gothique ou le roman : c’est avant tout une illusion d’optique.
Peregrinus
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