Effectivement par Signo 2025-11-10 14:42:03 |
|
Imprimer |
Ce serait aller bien vite en besogne que de considérer cette homélie comme un signe positif pour la question précise du sort qui sera réservé à la liturgie traditionnelle.
Presque tous les papes de l’après concile, François compris, ont fait des déclarations similaires. Ces remarques très générales sur la « beauté » de la liturgie n’ont jamais eu le moindre impact significatif sur le terrain. Ce que je constate c’est que quand les papes prennent la parole pour regretter les abus et déformations de la liturgie de Paul VI, c’est toujours en des termes vagues, de portée très générale, que chacun peut interpréter comme il l’entend, et sans évidemment la moindre mesure correctrice contraignante. Mais de toute façon tout cela se heurte aux déficiences intrinsèques de la nouvelle liturgie -qui permet presque tout et le contraire de tout en matière rituelle-, ainsi qu’à l’inculture généralisée du clergé et des fidèles.
Au contraire, quand il s’agit de restreindre la liturgie traditionnelle, les mesures sont toujours très précises, concrètes et contraignantes…
J’avoue que malgré la sympathie que le nouveau pape m’inspire, je commence à percevoir chez lui une ligne plutôt inquiétante : il semble réduire la question du mouvement traditionnel à une simple question de sensibilité esthétique; dans cette perspective, il suffirait de donner l’exemple d’un NOM « bien et dignement célébré », avec un peu de latin et de grégorien, pour que les « traditionalistes » rentrent dans le rang et adoptent la nouvelle liturgie.
Il n’a probablement pas encore saisi que c’est la réforme liturgique de 1969, non seulement dans sa mise en œuvre catastrophique, mais aussi dans ce qu’elle a d’intrinsèque que nous refusons de suivre, et que c’est à la tradition liturgique latine, non pas immuable, mais du moins développée organiquement depuis quinze siècles jusqu’aux années 1960, que nous sommes attachés, c’est à dire une ritualité précise, un symbolisme traditionnel précis, des prières et des textes liturgiques précis, un certain ordonnancement, un certain calendrier (incluant la Septuagésime, le dimanche de la Passion, l’octave de Pentecôte, les Quatre-Temps, etc), ainsi que l’atmosphère sacrale qui accompagne nécessairement cet ensemble de réalités concrètes et unifiées dans une réalité liturgique cohérente. Et pas de vagues et très subjectives notions de « beauté de la liturgie », de « dignité », de « latin » etc qui peuvent vouloir dire tout et son contraire et qui se réduiraient à quelques éléments de décoration d’une liturgie moderne qui demeurerait foncièrement en rupture avec toute l’histoire de la liturgie chrétienne en général et du rite romain en particulier.
Cela étant dit, je pense qu’il faut définitivement arrêter de croire que parce tel ou tel prélat valorise la « sobriété » ou la « simplicité » de la liturgie il s’agit automatiquement d’une attaque contre la liturgie traditionnelle. Cette dernière lorsqu’elle est célébrée sans une certaine pompe qui ne lui est absolument pas consubstantielle, peut parfaitement être simple et être marquée d’une noble sobriété. Ne pas confondre « simplicité » et « sobriété » avec « indigence » ou « misérabilisme » ou « banalité ».
Vous assistez à une messe traditionnelle chantée à Lagrasse ou à Fontgombault vous aurez une liturgie selon le missel de S. Pie V très simple, sobre, et même dépouillée. Vous assistez à une messe Paul VI à Sankt-Peter à Munich ou bien à l’Oratoire de Londres vous aurez une liturgie fastueuse avec toute la pompe baroque.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|