Belle tentative d'herméneutique par Chabert 2025-06-11 15:50:44 |
|
Imprimer |
Même si elle n'est gère convaincante. La simple croyance en un Dieu créateur et rémunérateur est le point commun que l'on peut avoir avec les musulmans, ainsi qu'avec tous les hommes de bonne volonté puisque cette croyance est accessible à la raison naturelle.
Le problème de Nostra Aetate réside dans la déclaration selon laquelle les musulmans et les chrétiens adorent LE DIEU UNIQUE. Comme si l'objet de leur culte était le même. C'est un énoncé qui est faux dans sa présentation. Le magistère antérieur n'a jamais enseigné, à ma connaissance, que le même Dieu était l'objet, à la fois d'un culte catholique, et d'un culte musulman. Ce dernier ne s'y trompe pas d'ailleurs puisque les prières quotidiennes contiennent des imprécations à l'endroit des chrétiens.
Jean 4,22 n'est d'ailleurs pas interprété dans le sens que vous évoquez par les Pères de l'Eglise, qui traitent plutôt les samaritains comme des hérétiques. Ils adorent en nature un Dieu qu'ils ne connaissent pas. Leur religion est comme faussée par des doctrines étrangères à la véritable religion. Ce n'est bien évidemment pas le cas des musulmans qui rendent un culte à un autre Dieu. La croyance en l'unicité d'un Dieu ne suffit pas pour prétendre que l'on adore le même Dieu.
Voici les références des Pères de l'Eglise sur ce passage :
ORIGENE :
On peut dire encore que les Samaritains regardant comme sainte la montagne de Garizim, près de laquelle Jacob habita, croyaient devoir y offrir à Dieu leurs adorations. Les Juifs, au contraire, pour qui la montagne de Sion était sacrée, la regardaient comme le lieu exclusivement choisi de Dieu pour y recevoir les prières des hommes. Or, comme les Juifs, de qui vient le salut, sont figure de ceux qui n'admettent que la saine doctrine, tandis que les Samaritains sont l'image de ceux qui se livrent à tous les caprices si divers de l'erreur, le mot Garizim, qui veut dire distinction ou division, représente les Samaritains, comme la montagne de Sion, qui signifie lieu d'observation, représente les Juifs.
SAINT JEAN CHRYSOSTOME :
Les Samaritains, en effet, adoraient ce qu'ils ne savaient pas, parce qu'ils faisaient de Dieu un être limité par les lieux et comme divisé par parties. Dans leur pensée, il n'était donc point supérieur aux idoles, et c'est pour cela qu'ils mêlaient le culte de la divinité avec celui des démons. Les Juifs, au contraire, étaient affranchis de ces erreurs et connaissaient le seul vrai Dieu de l'univers, comme le déclare Nôtre-Seigneur : « Nous adorons ce que nous savons. » Il se met lui-même au nombre des Juifs pour répondre à l'opinion de cette femme qui le considérait comme un prophète des Juifs, et c'est pour cela qu'il dit : « Nous adorons, » bien qu'il soit évidemment celui qui reçoit les adorations de tous les hommes. Les paroles qui suivent : « Parce que le salut vient des Juifs, » ne signifient autre chose que ce sont les Juifs qui ont conservé dans toute leur pureté toutes les doctrines du salut qui se répandirent ensuite dans tout l'univers comme la connaissance de Dieu, l'horreur pour les idoles et les autres vérités dogmatiques ; notre culte même tire son origine de celui des Juifs. Nôtre-Seigneur appelle sa présence dans le monde le salut, et il dit que ce salut vient des Juifs, selon ces paroles de l'Apôtre : « Eux de qui est sorti selon la chair Jésus-Christ. » (Rm 9) Voyez comme il confirme l'autorité de l'Ancien Testament, qu'il présente comme la source de tous les biens en même temps qu'il démontre qu'il n'est point opposé à la loi.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|