baptême conciliaire et baptême catholique par Lycobates 2025-05-26 01:19:13 |
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Le baptême de l'Église conciliaire (le nouvel ordo baptismi parvulorum date de 1969, deuxième édition typique de 1976, peut-être il y en a eu après) doit être considéré selon les mêmes critères que celui des luthériens, calvinistes et anglicans dont on parlait plus bas dans ce fil.
Par conséquent si la forme et la matière ont été respectées, et on peut se satisfaire de l'intention du ministre de faire ce que fait l'Église, le baptême sera valide, mais il pourrait tout aussi bien ne pas l'être comme plusieurs exemples apparus récemment, mais qui s'étalent sur des décennies (aux États-Unis notamment, mais je connais des exemples chez nous aussi), le démontrent hélas.
Le nouvel ordo du baptême contient du contexte, des adiuncta, qui entourent la forme (inchangée et en soi valide), qui prêtent à confusion et brouillent l'intention, dont le texte doit pourtant être le reflet clair et univoque. Même si la forme est rigoureusement respectée on se retrouve donc dans un contexte hétérodoxe.
Le baptême conciliaire est une célébration de la foi de l'assemblée présente, il ne concerne plus la foi de l'enfant à baptiser. La foi dont on parle n'a plus trait au sacrement. On ne lui pose aucune question à laquelle (par le biais du parrain ou de la marraine) il doit répondre, on ne lui demande aucun engagement, des voeux du baptême il n'est plus question.
Dans le rite catholique on demande à l'enfant: N. (le nom du nouveau-né !) quid petis ab Ecclesia Dei ? N. que demandes-tu de l'Église de Dieu. L'enfant (par le biais du parrain) répond: fidem, la foi.
S'il y a plusieurs enfants à baptiser, on pose le question individuellement pour chacun d'entre eux.
Dans le rite conciliaire cette question est posée, au pluriel, au parrains, et ils doivent répondre : le baptême.
La question qui suit: fides, quid tibi praestat? la foi que te procure-t-elle, et la réponse de l'enfant (par le parrain) : vitam aeternam, la vie éternelle, n'est par conséquent plus posée.
De même, la profession de la foi du baptême (creditis, abrenuntiatis, croyez-vous, renoncez-vous) ne concerne plus la foi du candidat, mais celui des présents, la question est au pluriel, dans le rite catholique on demande au singulier en exprimant le nom de l'enfant à baptiser: N., abrenuntias satanae ? Abrenuntio. N., Credis in Deum etc. ? Credo.
Et finalement N., Vis baptizari ? : N., veux-tu être baptisé ? et l'enfant (par le parrain) répond : Volo, je veux.
Le nouveau rite demande aux parents et parrains : Vultis igitur ut N. ... baptismus recipiat ? Voulez-vous donc que N. reçoive le baptême - Volumus - nous le voulons.
Le cierge allumé n'est plus donné formellement à l'enfant (accipe lampadem ardentem), mais aux parents et parrains (vobis, parentibus et patrinis, lumen hoc concreditur), et ainsi de suite.
Inutile de mentionner que tous les exorcismes ont été supprimés.
On voit donc que tout le contexte de la forme, qui il est vrai est restée inchangée, a subi une mutation communautaire, on célèbre une certaine foi, oui, mais pas celle du candidat au baptême, pas celle du sacrement.
Ce rite, même si la forme est restée valide, n'est pas un rite catholique ; il ne prévoit pas de profession de foi et d'engagement par le baptisé ou à faire en son nom. Or, certaines décisions dogmatiques dont la négation est frappée d'anathème, comme les canons 9 et 14 sur le baptême de la VIIe session du concile de Trente, sont basées sur le fait que lors de son baptême le baptisé doive professer la foi et faire des promesses. Mais ce n'est plus le cas. Ainsi l'intelligence de la foi selon la doctrine du nouveau rite ne correspond plus à celle de la doctrine catholique.
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