de fait cher Peregrinus par Luc Perrin 2025-02-17 11:28:41 |
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de plus ce qui a été oublié en gros, pour filer la comparaison, "les lois fondamentales du royaume" dans la monarchie française : ici le dépôt sacré de la foi que le Pontife ne peut ni ignorer ni modifier en théorie.
Voilà une limite - rappelée par Benoît XVI en 2005 dans on homélie à Saint-Jean de Latran à lire, relire et méditer il récuse la notion de monarque absolu pour le Pontife romain - qui est autrement plus contraignante (en principe) que n'importe quelle constitution moderne qu'un Conseil constitutionnel ou une Cour suprême ou une CEDH peuvent tordre à loisir.
Un point sujet à débat brûlant depuis 2013.
La référence scripturaire est évidente, cher Signo, le pouvoir conféré à Pierre par le Christ lui-même. Il y a bien des ouvrages historiques notamment par Mgr Roland Minnerath sur le déploiement du ministère pétrinien au cours des âges et très vite dans les premiers siècles.
Ce n'est pas ma période de compétence, je renvoie à ces ouvrages.
Autrement je ne suis pas opposé en tout à la vision de Signo, qui reprend la thèse ecclésiologique du cardinal Kasper que Jean Paul II et l'alors cardinal Ratzinger ne partageaient pas du tout cf. le débat public qui a opposé les deux cardinaux à ce moment vers 2002, mais avec les critiques ratzinguériennes justement :
- gare à faire de l'Église catholique une sorte de Volapük onusien où Rome est un lieu de concertation mais où tout se décide au niveau de l'évêque diocésain in fine aggravant la cacophonie actuelle
- gare à la dissolution complète de la foi catholique, c'était le but indirect du cardinal Kasper, en équiparant diocèses catholiques, anglicans, et éparchies orientales puisque "l'Église" serait cette confédération molle de diocèses avec au mieux au sommet un primus inter pares impotent à l'image des rois et reines européens ou du Patriarche de Constantinople, titre prestigieux toujours mais sans grand pouvoir effectif de juridiction.
Il y a sûrement un excès dans le caractère pris par le ministère pétrinien que le synodalisme en peau de lapin actuel n'a en rien corrigé. Là dessus je donne quitus à la critique de Signo. Étant entendu que la mondialisation et les techniques de communication instantanées ont profondément modifié ce que les Pères de Vatican I et Vatican II avaient imaginé.
La mise entre parenthèses du dépôt de la foi via le "tout est pastoral donc modifiable à ma guise" qui résume à gros traits l'ecclésiologie dominante romaine n'avait pas été pensée non plus lors des conciles de Trente, Vatican I et Vatican II.
Il ne faudrait pas pour autant sombrer dans l'excès inverse qu'incarne le protestantisme - un baptisé = une Église possiblement - ou la fragmentation de l'ecclésiologie orientale où dominent les Églises locales.
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