A nuancer par Signo 2024-08-22 13:48:10 |
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Le terme « Eucharistie » pour désigner la Sainte Messe n’a rien de problématique en soi. C’est ainsi que les premiers chrétiens et les Pères désignaient toute la Messe (et pas seulement l’hostie). Le terme signifie « action de grâce », qui avait un sens bien plus profond, riche et large dans les premiers siècles: il désignait tout un mouvement de gratitude, de prière, d’offrande et de louange partant du peuple et remontant, par la médiation du Christ unique Grand Prêtre, vers le Père. Le terme s’est considérablement appauvri pour se réduire à un simple « merci » à Dieu à la fin de la messe. Une sorte de pieuse politesse en somme.
Dans cette optique, désigner une Messe, même dite selon le rite traditionnel, « d’Eucharistie » n’a rien de gênant et est parfaitement traditionnel.
De même la notion de « présider une Eucharistie » ne me choque pas, mais à mon avis l’expression devrait être réservée à des célébrations eucharistiques avec un clergé important ou en présence de l’évêque.
Certes c’est le ministre ordonné (évêque ou prêtre) qui offre matériellement le pain et le vin et leur présence est indispensable a la validité de la célébration, mais il ne faut pas oublier que la Sainte Messe est toujours l’offrande de toute l’Eglise (ce qui inclut le peuple) au Père par le Fils dans l’Esprit. C’est du reste affirmé explicitement dans l’Orate Fratres. Il faut se garder de cette conception fausse selon laquelle le prêtre seul offre le Sacrifice, les fidèles se contentant d’assister passivement à une action à laquelle ils n’auraient aucune part. L’Eglise toute entière est bien un « peuple sacerdotal », comme l’enseigne l’épître de Pierre.
Le problème est que les progressistes reprennent des expressions souvent traditionnelles (patristiques) quelque peu oubliées par la théologie médiévale et post tridentine, ce qui est heureux, mais pour leur donner un sens moderniste que ces expressions n’avaient pas a l’époque des Pères. Mais ce n’est pas parce que les progressistes tombent dans certains excès qu’il faut s’autoriser à tomber dans les excès opposés.
Du reste, certaines expressions utilisées dans le monde traditionaliste sont fausses: par exemple quand Mgr Lefebvre (pour lequel j’ai la plus haute estime je précise) parle sans cesse de « cérémonie », il use inconsciemment d’un terme typique de la mentalité tridentine qui réduit en fait la liturgie à une réalité purement protocolaire, extérieure, superficielle, cérémoniale, un peu comparable à une cérémonie militaire en quelque sorte. Alors qu’en réalité le terme utilisé aujourd’hui de « célébration » est bien plus juste, car la Messe est toujours la célébration du Mystère chrétien à travers le « rendu présent » de l’unique sacrifice du Christ.
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