Et enfin quelques rappels par Jean-Paul PARFU 2023-04-27 20:16:44 |
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1) Dans les mille premières années du christianisme, il a été tout à fait possible de sacrer des évêques sans mandat pontifical. C'était même recommandé, car si certaines communautés chrétiennes avaient dû attendre ce mandat, elles auraient entre-temps, purement et simplement disparu.
Bien souvent, le Pape, en s'adressant à tel ou tel évêque se contentait de reconnaître, implicitement et a posteriori, non seulement la validité, mais aussi la licéité des sacres épiscopaux.
C'est seulement après le schisme orthodoxe, et eu égard à l'amélioration des communications, que le Pape a décidé qu'un prêtre ne pourrait plus être sacré évêque sans son autorisation explicite et a priori.
2) le mandat pontifical n'est donc pas d'institution divine, même si le pouvoir de juridiction, qui permet au Pape d'instituer ce mandat, est, lui, d'institution divine : "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l'Enfer ne prévaudront point contre elle !"
N'étant pas d'institution divine, on peut, dans le cadre d'un "état de nécessité", cas reconnu par l'Eglise, dans certaines situations ou circonstances bien particulières, se passer de ce mandat.
Si on ne peut désobéir à Dieu, on peut, en revanche, désobéir aux hommes, car il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes !
3) C'est le pape Nicolas II (1058 - 1061), pape français, élu à Sienne par les Cardinaux et qui n’était pas cardinal lui-même. qui interdit la nomination des évêques sans autorisation papale.
Les décisions qu'il prend, dont celle du mandat pontifical pour le sacre des évêques, interviennent après la rupture avec Constantinople en 1054 et le fait que le pape lui-même n'est plus désigné par l'empereur, mais élu par les Cardinaux.
Le mandat n'est pas une condition de la validité du sacre. Il est simplement désormais exigé par le pape qui souhaite mieux contrôler l'institution qu'il dirige.
4) Entre 1268 et 1271, lors de la longue vacance du Siège de Pierre, de nombreux évêques sont sacrés sans mandat pontifical.
5) En Chine, dans l'Eglise clandestine, et dans le bloc de l'Est pendant la Guerre froide, de nombreux évêques sont sacrés clandestinement.
6) Les accords signés par Mgr Lefebvre et le cardinal Ratzinger en mai 1988 prévoyaient la nomination d'au moins un évêque.
7) Mgr Lefebvre n'était pas un petit garçon qui n'obéit pas à son papa. En sa qualité de délégué apostolique pour toute l'Afrique francophone de 1947 à 1959, c'est lui qui désignait et parfois sacrait les prêtres qui devaient recevoir l'épiscopat, Rome se contentant de ratifier.
8) Le mandat pontifical est purement formel. Le pape ne connaît pas les prêtres qui vont être sacrés évêques. Ces prêtres sont cooptés par les Conférences épiscopales. Quand le pape choisit lui-même un candidat, il arrive que les Conférences épiscopales se révoltent et que le pape soit obligé de renoncer à son candidat, comme cela s'est passé en Autriche et en Pologne, pour des raisons différentes, sous le pontificat de Benoît XVI. C'est un moyen pour les Conférences de ne nommer que des copains modernistes !
9) Les sacres orthodoxes sont valides.
En tout état de cause, mieux vaut laisser naître un scandale que trahir la Vérité (St Grégoire le Grand).
Exemple d'un prêtre sacré clandestinement sans mandat : Mgr Korec.
ici
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