de la proportion et de son importance par Luc Perrin 2020-10-11 15:02:22 |
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Je consonne volontiers à la première partie de votre analyse.
Oui les thèmes abordés par François dans Fratelli Tutti, Laudato Si et déjà Evangelium Gaudium ne sont pas nouveaux.
Pour ce qui est de la Doctrine sociale de l'Église on remonte à Léon XIII 1891 qui est intégralement "pré-conciliaire". Des éléments sur l'écologie intégrale émergent sous Jean Paul II et se consolident sous Benoît XVI.
L'ambition d'une coordination mondiale, plus ou moins poussée et une vision délibérément "mondialiste" dans son horizon, ce sont des choses débattues depuis des siècles et des siècles. Par essence le catholicisme n'est pas une religion nationale, enfermée dans une nation et une culture cf. Benoît XV, Pie XI et on peut remonter à la Querelle du Sacerdoce et de l'Empire au Moyen Age. Rien de neuf.
La différence majeure n'est donc pas sur les thèmes : la miséricorde a été poussée par Jean Paul II ô combien !
La différence tient au déséquilibre, à l'horizontalisme prédominant du Pape régnant là où tous ses prédécesseurs mettaient constamment une part essentielle de verticalité, de rappel à la doctrine, de rejet du relativisme - un point repris par François mais sans conséquence - un rappel constant qu'au-delà des sacs en plastique, de la fraternité humaine préférable à la guerre et aux attentats et à la haine de l'autre entretenue, Dieu est premier servi, le Dieu de Jésus-Christ pas la Pachamama ou autres.
Bref les proportions n'y sont pas les mêmes que dans la cuisine du Pape régnant: le sucre, la gélatine, la mélasse, le sirop, l'eau de rose tous ces ingrédients sont si importants dans ses recettes que le plat n'a plus d'autre goût que de sucré.
Le pape François transforme le petit salé aux lentilles en gâteau aux 3 chocolats garni de lentilles avec un petit morceau de confit de porc au miel et à la confiture rahnérienne sur le côté. Un gros sucrier étant mis sur la table lors du service au cas où ...
Ainsi, sans passer en revue des milliers de pages de papes post-Vatican II qui divergent d'avec l'approche hyper-sucrée du pape François, ce simple n°4 de la Déclaration Dominus Iesus de 2000, rédigée par le cardinal Ratzinger futur Benoît XVI et approuvée en forme spécifique par le pape Jean Paul II. On est aux antipodes de la Déclaration d'Abou Dhabi ... dans le salé/poivré pas dans le sucré.
"4. La pérennité de l'annonce missionnaire de l'Église est aujourd'hui mise en péril par des théories relativistes, qui entendent justifier le pluralisme religieux, non seulement de facto mais aussi de iure (ou en tant que principe). Elles retiennent alors comme dépassées des vérités comme par exemple le caractère définitif et complet de la révélation de Jésus-Christ, la nature de la foi chrétienne vis-à-vis des autres religions, l'inspiration des livres de la Sainte Écriture, l'unité personnelle entre le Verbe éternel et Jésus de Nazareth, l'unité de l'économie du Verbe incarné et du Saint-Esprit, l'unicité et l'universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l'Église, la non-séparation, quoique dans la distinction, entre le Royaume de Dieu, le Royaume du Christ et l'Église, la subsistance de l'unique Église du Christ dans l'Église catholique.
Ces théories s'appuient sur certains présupposés de nature philosophique ou théologique qui rendent difficiles la compréhension et l'accueil de la vérité révélée. On en signalera quelques-uns : la conviction que la vérité sur Dieu est insaisissable et ineffable, même par la révélation chrétienne ; l'attitude relativiste vis-à-vis de la vérité, entraînant que ce qui est vrai pour certains ne le serait pas pour d'autres ; l'opposition radicale qu'on établit entre la mentalité logique occidentale et la mentalité symbolique orientale ; le subjectivisme de qui, tenant la raison comme seule source de connaissance, devient « incapable d'élever son regard vers le haut pour oser atteindre la vérité de l'être » ;8 la difficulté à percevoir et comprendre dans l'histoire la présence d'événements définitifs et eschatologiques ; la privation de sa dimension métaphysique de l'incarnation historique du Logos éternel et sa réduction à une simple apparition de Dieu dans l'histoire ; l'éclectisme qui, dans la recherche théologique, prend des idées dans différents contextes philosophiques et religieux, sans se soucier ni de leur cohérence systématique ni de leur compatibilité avec la vérité chrétienne ; la tendance finalement à lire et à interpréter la Sainte Écriture en dehors de la Tradition et du Magistère de l'Église. "
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