La continuité n'était pas l'intention des experts et des Pères les plus influents. par Scrutator Sapientiæ 2020-02-22 13:04:43 |
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Bonjour Glycéra,
La continuité entre le Magistère pontifical ante-conciliaire et le Magistère conciliaire proprement dit n'était nullement l'intention des experts et des Pères les plus influents, parmi ceux présents au Concile Vatican II, aussi je ne vois pas très bien comment une interprétation rétrospective pourrait mettre de la continuité là où les principaux inspirateurs et applicateurs n'en ont pas voulu, ni au moment du Concile, ni en aval du Concile, alors qu'il s'est agi des mêmes acteurs, à tout le moins jusqu'à la fin des années 1970 et du pontificat de Paul VI.
Et seule une méconnaissance non négligeable
- du Magistère pontifical ante-conciliaire,
- de ce qu'il y a de plus spécifique au Concile Vatican II, dans le Magistère conciliaire stricto sensu,
mais aussi et surtout
- des positions philosophiques et théologiques présentes chez les experts et chez les Pères du Concile les plus influents,
et
- des expressions et des omissions caractéristiques de la préparation puis du déroulement de chacune des quatre sessions du Concile,
peut vous conduire à dire ce que vous dites, à savoir :
"Quand on lit, vraiment lire, les textes fournis par le COncile Vatican II, on constate, objectivmenet, que tout est compréhensible et reliable à e que l'Eglise a toujours dit."
Le Concile Vatican II, c'est le Concile qui a donné le coup d'envoi à une dynamique "pastorale" (cf. le nouveau sens donné à ce mot) placée sous le signe de la conciliation générale, pour ne pas dire : de la réconciliation généralisée,
- d'une part entre l'Eglise catholique et son environnement extérieur (les confessions chrétiennes non catholiques, les religions non chrétiennes),
- d'autre part entre l'Eglise catholique et le monde contemporain, alors que celui-ci, en tant que monde plus particulièrement influencé par le monde occidental, a commencé, puis a continué à tourner le dos à Jésus-Christ, pour aller vite, à partir du siècle des Lumières.
Partisans du Concile et opposants du Concile s'accordent à reconnaître que le Concile comporte, notamment, une part de rupture...
Dans un document officiel de son Magistère pontifical, Jean-Paul II lui-même distingue entre une période pré-conciliaire et une période post-conciliaire (lisez Tertio millenio adveniente)...
Benoît XVI parle, le 22 décembre 2005, non d'une "herméneutique de la continuité", CONTRAIREMENT A CE QUE CROIENT BIEN DES CATHOLIQUES, mais d'une "herméneutique de la réforme", c'est-à-dire "du renouveau dans la continuité de l'unique sujet-Eglise" (et non, à juste titre ou non, du renouveau dans la continuité de l'objet-Tradition, je le précise ou remarque au passage)...
Mais les rappels qui précèdent ne suffisent pas à convaincre les aveugles volontaires, les candides volontaires, les ignorants ou les inconscients qui veulent voir le Concile non comme il est vraiment (à savoir un ensemble qui comporte notamment, c'est tout à fait incontestable, plusieurs éléments dont le caractère innovant est important), mais comme ils voudraient qu'il soit, ou comme ils voudraient qu'il aurait pu être.
Lisez "le Rhin se jette dans le Tibre" et "Vatican II, une histoire à écrire".
Merci beaucoup pour votre compréhension et bonne journée.
Scrutator.
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