ne pas confondre assistance et désignation par Luc Perrin 2020-01-20 16:56:53 |
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Une élection, presque jamais à un scrutin d'ailleurs, est assistée oui par le Saint Esprit en ce qu'il "assiste" l'Église en général.
Cette assistance gratuite, le conclave peut n'en rien faire comme la hiérarchie peut couvrir un McCarrick, un Malone, un Maciel et les criminels du Chili et un Julio Grassi et un Preynat : on allonge la liste ad infinitum.
Le mot "choisi" supposerait une manifestation de type miraculeux comme à Lourdes pour Marie ou à la Pentecôte. La colombe viendrait se poser sur la tête ou les épaules d'un cardinal ...
Cela ne s'est jamais produit à ma connaissance.
Comment comprendre sinon un Benoît IX, un Alexandre VI, un Jules II et j'en passe pour ne prendre que les scandaleux notoires.
L'assistance n'implique en rien que les manoeuvres les plus sordides des cours pour l'élection de Clément XIV, de vénérée mémoire, ou des mafias de St-Gall tout au long de l'histoire ne puissent pas l'emporter. Sans compter les papes qui ont été mis sur le trône par le choix d'un "saint" empereur romain germanique ou "élu" avant l'existence du conclave à la pointe de l'épée ou par le plus grand nombre de (coups de) poings a clero et populo.
A moins de souscrire aux thèses calvinistes de la double prédestination au bien et au mal ou au Mektoub musulman.
L'identification du pape au Christ est un des legs fâcheux de l'ultramontanisme exacerbé du XIXe-XXe qui a par ailleurs beaucoup d'apports positifs. Il n'a jamais été accepté par les textes magistériels et pour cause.
A cet égard, la Lettre au peuple de Dieu, datée du 20 août 2018, sans doute le meilleur texte du pape François et celui qui restera durablement, est à prendre au sérieux, au-delà du mot malencontreux de "cléricalisme" qui est plus ad extra dans son sens courant. Le Pape parle d'une nécessaire transformation individuelle et communautaire. Je suis sûr que le serviteur des serviteurs de Dieu qui se définit lui-même comme "un pécheur" ne se retranche pas du lot commun.
"Il est impossible d’imaginer une conversion de l’agir ecclésial sans la participation active de toutes les composantes du peuple de Dieu. Plus encore, chaque fois que nous avons tenté de supplanter, de faire taire, d’ignorer, de réduire le peuple de Dieu à de petites élites, nous avons construit des communautés, des projets, des choix théologiques, des spiritualités et des structures sans racine, sans mémoire, sans visage, sans corps et, en définitive, sans vie[2]. Cela se manifeste clairement dans une manière déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise – si commune dans nombre de communautés dans lesquelles se sont vérifiés des abus sexuels, des abus de pouvoir et de conscience – comme l’est le cléricalisme, cette attitude qui « annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend également à diminuer et à sous-évaluer la grâce baptismale que l’Esprit Saint a placée dans le cœur de notre peuple »[3]. Le cléricalisme, favorisé par les prêtres eux-mêmes ou par les laïcs, engendre une scission dans le corps ecclésial qui encourage et aide à perpétuer beaucoup des maux que nous dénonçons aujourd’hui. Dire non aux abus, c’est dire non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme."
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