Comme beaucoup de formules du dernier concile, par JVJ 2019-02-01 09:12:32 |
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celle du "groupe stable" peut donner lieu à des interprétations infinies en fonction de la bonne volonté de l'évêque... et dudit groupe. Si ces derniers envoient leurs représentants les plus agressifs ou troubles, je comprends que l'évêque se demande à qui il a affaire. Ce dernier peut se renseigner auprès des curés pour savoir si ces gens sont connus de la paroisse (tout en rappelant que le pape ne cesse de dire qu'il faut s'intéresser aux marges...). Selon le curé ou le laïc du coin, ce qu'on dira des représentants du groupe demandeur peut aller du tout au tout...
Qu'est-ce qu'un groupe ?
Qu'est-ce qu'un groupe stable ?
Comme dit le concile, il y a la règle, mais à l'échelle locale, on veillera à appliquer au mieux la chose, avec la possibilité de dispenses...
Si un évêque ne veut pas de la moindre messe dans son diocèse, et il en existe..., il dira que le groupe est insuffisant en nombre (car le quota n'est pas spécifié ! dix, vingt, trente, on compte les enfants de deux ans ?). Est-ce qu'un groupe est stable si les gens viennent d'un rayon de 50 km ? Et si des gens viennent de diocèses limitrophes, va-t-on les compter et prendre le risque (!) de déstabiliser (!) les diocèses voisins en les dépeçant (!) ?
La paroisse au sens territorial du terme n'a plus guère de pérennité que dans certaines villes (et encore ! des cités épiscopales n'ont parfois plus qu'un seul curé !), mais pour empêcher l'application du motu proprio, l'évêque, parfois sous la menace de ses conseils, est prêt à sortir le canon de Latran IV qui attache le fidèle à son proprius sacerdos...
Et tel évêque a pu dire qu'il n'avait aucun prêtre du diocèse à "fournir" au groupe : argument imparable. Un vieux prêtre qui aurait des souvenirs de ce rite peut habiter à l'autre bout du diocèse...
J'ai un argument qui pourrait gêner : l'offre crée la demande. Si dans une cité épiscopale, pour ne parler que de cela, cette messe traditionnelle existait, cela pourrait attirer à la longue des personnes, même celles qui ne venaient jamais jusque-là à la messe. On a peur d'essayer ! Lisez Julien Green et quelques autres.
Je connais un diocèse où le conseil épiscopal et le conseil presbytéral ont tout fait pour disqualifier Fontgombault qui voulait reprendre une abbaye (le propriétaire leur donnait le site pour le franc symbolique). La presse soutenue par le conseiller général (certainement franc-maçon et en tout cas, radical de gauche) a orchestré une campagne contre les "intégristes". C'était en 1993, j'ai mes dossiers. L'abbaye, dans le canton le moins peuplé de la région administrative, ne gênait pas les tenants du diocèse, mais imaginez des moines chantant en grégorien dans ce diocèse-là ! Quelle régression ! Et si jamais les voitures se mettaient à affluer le dimanche et les autres jours ! Quelle catastrophe ! Ce lieu faillit dix ans plus tard recevoir les actuels chanoines de Lagrasse : rebelote ! Je sais même que l'évêque voisin avait conseillé à son confrère de les accueillir bras ouverts.
Il y a tant d'églises qui à l'année ne reçoivent plus du tout la messe, ni les enterrements. Elles fermeront à long terme et les élus ne voudront plus les entretenir. De rares curés les font encore vivre et ils se trouvent encore des évêques qui disent la messe dans les moindres recoins de leur diocèse : gloire à eux ! Ils y sacrifient leur santé, mais ils affichent leur priorité. Le moindre enfant et le moindre vieillard, ceux qui ne lisent pas la fausse croix et n'ont pas de compte tweeter, méritent autant la sollicitude pastorale de leur évêque, que les dames ringardes des villes (mais qui se croient modernes) qui claquent la bise à leur curé et parfois leur évêque.
Il faudrait que les "demandeurs" affichent un respect de leur évêque et jouent profil bas. L'évêque peut aussi venir en personne juger, voir s'il a des nazillons devant lui, comme la propagande, y compris de prêtres, le laisse souvent penser. C'est autour d'un verre et d'un gâteau que les langues se délient. Un enfant de quatre ans tout sage et la présence de jeunes adultes ne trompent pas, selon "leurs" critères. Je reconnais qu'il se trouve des évêques à qui l'on fait une confiance aveugle et qui en imposent, et d'autres qui désarçonnent ou ne donnent aucune envie de les suivre...
Quand je vois des endroits où la messe tridentine est concédée du bout des lèvres une fois par mois dans un seul endroit du diocèse, cela me dégoûte. Nous connaissons tous des prêtres qui font plus de cent kilomètres le dimanche pour dire la messe. Il y a des cathédrales mortes le dimanche, surtout en hiver : qu'on y dise cette messe ! Et même avec deux personnes, ce n'est pas le nombre qui devrait compter.
Je crois surtout que la plupart de nos évêques ont d'autres soucis, sont souvent pris par l'urgence et les invitations en tous genres... et que l'application large et généreuse du motu proprio est le cadet de leurs soucis. Ils n'ont pas eux-mêmes l'intimité avec ce rite, alors... C'est un peu comme si un maronite voulait convaincre un prêtre de la FSSP ou de la FSSPX des vertus du rite maronite à faire appliquer d'urgence dans un diocèse. Essayez de vous excentrer sur ce sujet, vous verrez ! Et à cela ajoutez les cathos de gauche qui voient la montée du fascisme partout, et qui voient de la politique dans la liturgie (pour ma part, j'en vois beaucoup à gauche, justement, dans le détournement de la prière universelle ou des chants d'une nullitté affligeante).
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