Il ne faut pas oublier les aspects ou enjeux suivants. par Scrutator Sapientiæ 2017-05-31 08:11:36 |
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Bonjour à La Porte Latine,
Je crois qu'il ne faut pas passer à côté des aspects ou enjeux suivants.
1. Il ne faut pas passer à côté du fait que, dans le texte de Monsieur l'abbé Jean-Michel Gleize, il est écrit, une demi-douzaine de fois, voire une dizaine de fois : "Au contraire, la Tradition affirme" ; or
- cette notion de Tradition recouvre quel contenu, qui se distingue de quoi, qui est précis en quoi ?
- cette notion de Tradition ne désigne-t-elle pas plutôt le Magistère antérieur au début du Concile ?
- si tel est bien le cas, à chaque fois que, "au contraire, la Tradition affirme" quoi que ce soit, n'est-il pas absolument indispensable de préciser ou de rappeler davantage les références ou les sources des textes de la Tradition (ou du Magistère antérieur) dans lesquels celle-ci (ou celui-ci) affirme ce qui suit le recours à l'expression "Au contraire, la Tradition affirme" ?
2. Il ne faut pas non plus passer à côté du fait que le Concile Vatican II, là où il "pèche", ne pèche pas avant tout, ou pas seulement, à cause de ses expressions, mais pèche aussi par certaines omissions. Certes, un Concile ne peut pas "tout dire", mais le moins que l'on puisse dire est que sur certains sujets, abordés au Concile, ou sur certains thèmes, non abordés au Concile, les omissions sont presque aussi caractéristiques que les expressions.
(Je connais suffisamment l'histoire du déroulement du Concile pour pouvoir dire que dès la troisième session, et depuis l'intérieur de l'aula conciliaire, des critiques ont été exprimées en ce sens, contre le schéma qui a fini par devenir Gaudium et Spes.)
3. Il ne faut pas davantage passer à côté du fait que le plus choquant n'est pas "le renouveau dans la continuité", en l'occurrence "le renouveau dans la continuité de l'unique-sujet Eglise", ce renouveau dans la continuité n'ayant de sens que s'il porte en lui un optimum de "renouveau dans la conformation à l'Ecriture" et de "renouveau dans la continuité" de la Tradition, en tant que modèle et en tant que processus, ou, si l'on préfère, en tant que contenu et en tant que contenant, la Tradition étant vivante notamment dans la mesure où elle est reçue et transmise, et n'étant que "bougiste" si elle est seulement changeante et mouvante.
4. Le plus choquant est que ce "renouveau dans la continuité" (avec, évidemment, davantage de renouveau que de continuité...) se soit effectué hier, et s'effectue, encore aujourd'hui, sous le signe du "renouveau dans la contiguïté", du renouveau dans la contiguïté culturelle entre l'Eglise catholique et le monde contemporain, en ce sens que les hommes d'Eglise semblent vraiment vouloir de moins en moins porter un regard et tenir un discours explicitement et spécifiquement contra-positionnels, notamment et surtout dans l'ordre du croire, face aux confessions chrétiennes non catholiques, face à l'homme et au monde contemporains, ou, en tout cas, à coup sûr, face aux religions non chrétiennes.
(C'est un peu comme si l'Eglise catholique, telle la FED, dans un autre domaine, était devenue la garante, ou la gardienne, du maintien en vigueur d'une certaine forme de "forward guidance" et de "quantitative easing", dans le cadre du dialogue interreligieux...)
5. Compte tenu du fait que la crise que le catholicisme contemporain inflige à lui-même, disons depuis 1945, est avant tout une crise de foi, une crise de la foi, qui découle de la source de mutation ou débouche sur le risque de mutation dont j'ai déjà parlé, je suis convaincu depuis longtemps que ce qui est prioritaire, l'annonce de la vérité dans le domaine de la religion, est consolidé par ce qui est complémentaire, le rappel explicite et spécifique, ad intra et ad extra, à temps et à contre-temps, de ce qui éloigne de la vérité, ou oppose à la vérité, dans le domaine de la religion, et je suis également convaincu que telle n'est pas du tout, ou plus du tout, la vision des choses de bon nombre de clercs catholiques.
6. C'est ce "renouveau dans la contiguïté" culturelle qui pose aujourd'hui un problème majeur : comment peut-il y avoir, catholiquement et optimalement, "renouveau dans la conformation" à l'Ecriture, et "renouveau dans la continuité" de la Tradition, (si je puis m'exprimer ainsi) là il semble vraiment qu'il y ait, prioritairement, "renouveau dans la contiguïté" culturelle, entre l'Eglise catholique et son "environnement extérieur", dans l'esprit de bon nombre de clercs ?
(On rappellera ici que ce problème majeur se pose aussi au protestantisme, et que la prise en charge "an-orthodoxe" ou "post-orthodoxe" de ce problème majeur, par le protestantisme contemporain, permet de comprendre bien des choses sur son évolution actuelle.)
Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais ce qui précède n'est pas assez (ou pas du tout...) clair, et je vous souhaite une bonne journée.
Scrutator.
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