Quant à vos remarques de fond... par Romanus 2017-05-29 19:53:49 |
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Il ne s'agit nullement de nier le magistère des cinquante dernières années.
Vous dites ne pas attribuer la même autorité à tous les actes du pape mais c'est pourtant ce que vous faites parfois.
Pour ma part, ne vous en déplaise, j'adhère pleinement aux propos de Léon XIII que vous vous plaisez à rabâcher. Et j'aimerais pouvoir suivre aveuglément le pape en toute circonstance. Mais il existe aujourd'hui des circonstances exceptionnelles. Dans ces circonstances, les pharisiens s'en tiennent aux textes bruts, au détriment des lois divines. Des sortes de positivistes en somme.
Il existe une justice supérieure, pour des circonstances exceptionnelles (l'Epikie). Il existe une prudence supérieure (la syndérèse) pour les circonstances exceptionnelles. Et celle ci semble vous faire totalement défaut en raison de votre autisme de l'obéissance absolue. Seules les vertus theologales n'ont ni excès ni défaut. L'obéissance est soumise à la fin poursuivie par l'autorité. Quand il n'y a aucune question à se poser, il n'y a qu'à suivre ce que dit Léon XIII.
Aujourd'hui il y a une réalité qui reste un mystère, mais "contra factum non datur argumentum" : Libre à vous de ne pas être choqué par la vidéo des réunions d'Assise. Libre à vous de penser que Léon XIII aurait applaudi. Tout chrétien ne peut pourtant les regarder sans en être revolté, à la mémoire de tous les martyrs qui se sont fait tués plutôt que de prêter la moindre ambiguïté à des cérémonies blasphématoires.
L'autorité, à plus forte raison celle de Pierre, n'a qu'un seul but : le Bien commun de ses subordonnés. Donc au dessus de l'obéissance à Pierre, il y a de toute façon l'obéissance à Dieu.
L'obéissance filiale est la parfaite liberté, dites vous. C'est très vrai mais l'obéissance filiale n'est due qu'en vue d'une fin : le salut de son âme. Et je me sens fils de Dieu avant d'être fils du pape, parce qu'actuellement, il est clair que ce n'est pas toujours totalement conciliable. Plus exactement, je continue à obéir à Pierre à défaut d'obéir à Simon. Et je préfère, lors d'événements comme Assise, ceux qui s'opposent à Pierre en face, à l'exemple de saint Paul. Et s'ils le font, c'est précisément en dignes fils, non pour assouvir leur soif d'autonomie.
S'il existe aujourd'hui une dérive vers une crise de l'obéissance, c'est parce qu'il y a depuis trop longtemps désormais une vraie crise de l'autorité. Vous inversez les choses, d'où certainement l'inutilité de poursuivre ces discussions.
Romanus
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