Citation déformée ? Ce serait bien honteux... par BK 2017-05-29 00:24:53 |
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Il semblerait que votre citation ne soit pas exacte...
Pour information, s'il s'agit bien du passage :
Oimé oimé, dolcissimo babbo mio, questa è la cagione ch'e' sudditi sono tutti corrotti, pieni di immondizia e di iniquità
1. vous avez ajouté un pronom personnel "vous" qui est absent du texte, et qui en corrompt gravement le sens :
2. O douce et bonne connaissance, qui portes avec toi le glaive de la haine cette haine te fait tendre la main du saint désir, pour arracher et détruire le ver de l'amour-propre. Ce ver gâte et ronge la racine de notre arbre, tellement, qu'il ne peut plus produire des fruits de vie, mais qu'il dessèche et qu'il perd sa verdure. Car celui qui s'aime, nourrit en lui ce funeste orgueil, source et principe de tout mal dans toutes [142] les conditions, que l'on commande ou qu'on obéisse. Celui qui s'isole dans l'amour de lui-même, celui qui s'aime pour lui et non pour Dieu, ne peut que mal faire, et toute vertu est morte en lui. Il ressemble à une femme qui met au jour des enfants morts. Car il ne possède pas la vie de la charité; il songe à sa propre gloire, et non pas à celle du nom de Dieu. Aussi, je le dis, s'il commande, il fait mal, parce que, par amour de lui-même et pour ne pas déplaire aux créatures, dont l'intérêt et l'amour-propre le rendent esclave, il étouffe en lui la sainte justice. Il voit les défauts et les péchés de ceux qui lui sont soumis, et il fait semblant de ne pas les voir, pour ne pas les reprendre; ou, s'il les reprend, c'est avec une telle nonchalance et une telle lâcheté de coeur, qu'il ne produit aucun effet. Il ménage ainsi le vice, parce qu'il craint de déplaire et de s'attirer des ennemis. Il s'aime lui-même, et il ne fait rien pour avoir la paix, et c'est la plus grande cruauté qu'il puisse commettre. Si la plaie, quand il le faut, n'est pas brûlée avec le feu et taillée avec le fer, si on y met seulement du baume, non seulement elle ne guérit pas, mais encore elle se corrompt et elle donne la mort.
3. Hélas ! hélas ! mon très doux Père (Dolcissimo babbo mio. - Baibo était le nom tendre que les petits enfants donnaient à leurs pères), c'est ce qui fait que ceux qui obéissent se perdent dans le désordre et l'iniquité. Hélas ! je le dis en gémissant, combien est dangereux ce ver rongeur de l'amour-propre, qui non seulement donne la mort au pasteur, mais en fait périr aussi tant d'autres !
2. O Père, la paix pour l'amour de Dieu! afin que tant de fils ne perdent pas l'héritage de la vie éternelle. Vous savez que Dieu a remis entre vos mains le pouvoir de donner ou d'ôter cet héritage comme le voudra votre bonté. Vous tenez les clefs; il est ouvert à qui vous ouvrez, et la porte sera fermée à qui vous la fermerez. Le doux et bon Jésus l'a dit à Pierre, dont vous tenez la place : " Tout ce que vous délierez sur la terre sera [156] délié dans le ciel. " Vous êtes donc le vrai Père et Pasteur; vous voyez que c'est maintenant le temps de donner sa vie pour les brebis qui sont sorties de la bergerie; il faut les chercher et les reconquérir par la patience et par la guerre contre les infidèles, en élevant l'étendard de la très ardente et très douce Croix. Mais pour l'élever il ne s'agit pas de dormir; il faut se tenir debout et le déployer avec courage. J'espère de la miséricorde infinie de Dieu que vous gagnerez les infidèles, et que vous corrigerez la malice des chrétiens, parce que tous courront à l'odeur de la Croix, même ceux qui ont été les plus rebelles envers vous. Oh! quel bonheur si nous voyons le peuple chrétien donner le trésor de la foi aux infidèles, qui, après avoir reçu la lumière, s'avanceraient vers la perfection! Semblables à une plante nouvelle, ils perdraient le froid de l'erreur pour recevoir la chaleur et la lumière du Saint-Esprit par la sainte Foi, et ils produiraient des fleurs et des fruits de vertu dans le corps mystique de la sainte Église, et le parfum de leurs vertus aiderait à étouffer les vices, les péchés, l'orgueil et l'impureté, qui règnent tant à cette époque parmi les chrétiens, et surtout parmi les prélats, les pasteurs et les chefs de la sainte Eglise, qui perdent et dévorent les âmes. Oui, ils ne les convertissent pas, ils les dévorent (Les scandales étaient flagrants, les saints les pleuraient et les Souverains Pontifes faisaient tous leurs efforts pour les faire cesser. Dialogue, CXXI. - Sainte Brigitte, Révél., liv.IV, ch. cxxxi.). Et cela à cause de l'amour-propre qui est en eux, et qui engendrent' l'orgueil, l'ambition, l'avarice [156] et la souillure de l'esprit et du corps. Ils voient les loups de l'enfer emporter leurs brebis, et ils ne paraissent pas s’en occuper, tant ils sont appliqués à se procurer les plaisirs, les délices, les louanges et les faveurs du monde. Tout ce mal vient de leur amour-propre ; car s'ils s'aimaient pour Dieu et non pour eux-mêmes, Ils rechercheraient l'honneur de Dieu et non pas le leur, l'utilité du prochain et non pas leur bien-être.
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