Vous citez bien Vatican I :
parle ex cathedra, c’est-à-dire, lorsque remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu’une doctrine sur la foi ou les moeurs est à tenir par toute l’Église.
Mais ensuite vous le déformez en énonçant les conditions :
1° définir un point concernant la foi ou les moeurs
Le concile ne parle pas d'un point quelconque, mais d'une
doctrine.
Or une canonisation ne définit pas une doctrine. Elle énonce un fait qui ne se rattache pas forcément à une doctrine surtout depuis la réforme de Jean-Paul II qui a supprimé de la procédure de canonisation l'examen doctrinal des écrits du futur candidat à la sainteté.
Ce n'est donc pas sur le concile Vatican I qu'on peut s'appuyer pour énoncer l'infaillibilité des canonisations. En vérité cette question n'a toujours pas été tranchée par le magistère d' l’Église.
On ne peut s'appuyer pour affirmer l'infaillibilité des canonisations que sur l'unanimité des théologiens.
Mais justement les théologiens sont-ils aussi unanimes qu'on le prétend ?
Cette infaillibilité fut contestée par Augustin d'Ancône et Cajetan et plus récemment par le père Daniel OSB.
De plus les autres théologiens (et notamment st Thomas d'Aquin) ne parlent pour la plupart que d'une question connexe, savoir s'il est possible qu'un saint canonisé soit en enfer. Cela n'a rien à voir avec la question. Jean-Paul II a très bien pu se convertir secrètement avant sa mort et obtenir le pardon de tous ses multiples péchés contre le premier commandement de Dieu (mais son état de santé l'empêchant d'en faire état publiquement). Cela suffit pour qu'il ne soit pas en enfer, mais ne suffit absolument pas pour qu'il puisse être donné en exemple à l’Église, justement parce que cette conversion est secrète !
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