Tradition et Ecriture dans les shémas préparatoires vs "Dei verbum"? par jejomau 2014-03-12 10:22:02 |
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Je lis avec intérèt votre post.
Il faudrait peut-être relire les shémas préparatoires au Concile dont parle Rorate et que dont l'article mentionne l'existence en Anglais.
Ces shémas ont constitué l'historique de la Constitution Dei Verbum. Ce texte, parmi les quatre texte constitutionnel élaborés par le concile, renouvellera la compréhension du rapport entre l’Écriture, la Tradition et l’Église. Voulue expressément par Jean XXIII au moment du lancement du concile, la constitution sera votée le 8 septembre 1965 et promulguée par Paul VI le 18 novembre 1965. Toutefois l’élaboration de ce texte ne se fit pas sans heurts parmi les pères du concile et celui-ci faillit bien ne pas voir le jour : on a donc bel et bien parlé de la Tradition, vous avez raison.
La constitution sur la Révélation Divine Dei Verbum prend son origine sur un enjeu important posé par le schéma préliminaire De fontibus Revelationis (« Des sources de la Révélation » dont parle Rorate) élaboré par le Père Sébastien Tromp, secrétaire de la commission théologique.
Il s’agit de la « théorie des deux sources » : l’Écriture et la Tradition sont posées comme deux sources de la Révélation, non seulement distincte mais indépendante l’une de l’autre, avec un contenu différent pour chacune de ces sources. En effet, dans ce concept la Tradition contiendrait des données qui ne serait pas forcément posées dans les écrits inspirés :
"Aussi ce que cette Tradition divine comme telle contient n’est pas connu à partir des livres mais par l’annonce vivante qui en est faite par l’Église, par la foi des fidèles et par la pratique de l’Église (De fontibus Revelationis, § 4).
Le sens des Écritures ne peut être compris et exposé de façon certaine et complète que par la Tradition apostolique ; la Tradition, et elle seule, est la voie par laquelle les vérités révélées et en premier lieu l’inspiration, la canonicité et l’intégrité des livres saints, pris globalement et chacun en particulier, sont manifestées et parviennent à la connaissance de l’Église (De fontibus Revelationis, § 5).
Il appartient donc au Magistère de l’Église, en tant que règle prochaine et universelle de la foi, non seulement de juger, avec l’aide de ce que la Providence divine a établi, de ce qui concerne directement et indirectement la foi et les mœurs, du sens et de l’interprétation de l’Écriture sainte et des documents et monuments qui gardent et manifestent ce que fut la Tradition au cours des temps, mais encore d’expliquer et de développer ce qui est contenu obscurément et implicitement dans l’une et l’autre source (De fontibus Revelationis, § 5).
« En effet, la “règle suprême de sa foi” lui vient de l'unité que l'Esprit a réalisée entre la sainte Tradition, la sainte Écriture et le Magistère de l'Eglise, en une réciprocité telle que les trois ne peuvent pas subsister de manière indépendante. » (Fides et ratio, n° 55.)
« En rappelant les prescriptions de la loi naturelle, le Magistère de l’Église exerce une part essentielle de sa fonction prophétique d’annoncer aux hommes ce qu’ils sont en vérité et de leur rappeler ce qu’ils doivent être devant Dieu » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2036). Lorsque les évêques et les fidèles se soumettent avec obéissance, d’esprit et de cœur, aux inspirations du Saint-Esprit, la vérité pérenne de la foi brille dans toute l’Eglise pour l’édification du Corps du Christ et pour la transformation du monde.
La réponse, à la fois de l’évêque et des fidèles, à l’exercice de l’autorité enseignante du Christ est obéissance, car ils reconnaissent dans les vérités proclamées, relatives à la foi et à la morale, le guide infaillible pour leur salut dans le Christ qui a dit à ses Apôtres : « Qui vous entend, m’entend » (Lc 10, 16). Les paroles du Christ sont sans ambiguïté en ce qu’ils signifient pour nous.
L’obéissance au Magistère est une vertu et on y parvient par la pratique de cette obéissance. Lorsque les pasteurs du troupeau obéissent au Magistère, dont l’exercice leur est confié, alors les membres du troupeau grandissent dans l’obéissance et progressent, avec le Christ, dans la voie du salut. Si le pasteur n’est pas obéissant, le troupeau s’adonne facilement à la confusion et à l’erreur. Le pasteur doit être particulièrement attentif aux assauts de Satan qui sait que, s’il parvient à frapper le pasteur, le travail de dispersion du troupeau sera rendu facile
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