Je vous donne raison au moins sur un point par Etienne 2013-11-03 22:08:40 |
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L'Eglise a effectivement tardé à enseigner explicitement sur ces question, pour la bonne et simple raison que ce n'est pas essentiellement son rôle. Et je crois que bien au delà du concile Vatican II et de la réforme liturgique, c'est Humanae Vitae qui a provoqué le divorce entre la société occidentale et l'Eglise.
Cependant, il est à mettre au crédit de l'Eglise que, jusqu'après guerre, la société n'avait pas besoin d'enseignement particulier en ce qui concerne la morale sexuelle. Bon an mal an, il est à peu près clair pour tout le monde qu'il existait des pratiques interdites et d'autres autorisées, et que, grosso modo, dès lors que l'on détourne l'acte de son objet premier, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Ce n'est donc qu'après guerre que l'Eglise, devant une société en pleine mutation morale, est forcée de se prononcer et de s'exprimer sur le sujet.
Vous semblez regretter certaines options prises par l'Eglise. J'y vois au contraire une forte cohérence, qui grosso modo se résume à : "on ne détourne pas l'acte de sa vocation première (la procréation), même pour sa vocation seconde (l'expression de l'amour conjugal, pour faire simple). Ainsi, si l'on reconnait au couple la possibilité de réguler ses naissances (réguler n'étant pas empêcher en toutes circonstances), il n'est pas permis au couple de rendre son union infertile. Vous me rétorquerez que s'unir en période inféconde pourrait s'apparenter à un détournement. Je vous répondrais que non, au moins sur le plan matériel : on ne met aucun artifice entre l'homme et la femme. Il en va de même pour le coït interrompu : on détourne l'acte en empêchant son plein accomplissement. En ce qui concerne la pilule, ce n'est pas tant l'acte qui est à proscrire, la prise de la pilule n'étant pas mauvais en soi, mais bien l'intention qui est biaisée : si une femme prend la pilule dans le but de rendre inféconde ses unions, il y a refus par principe de la fécondité du couple, et usage d'artifice matériel pour empêcher la fécondation. Notez bien qu'un couple qui userait d'une méthode naturelle pour empêcher toute naissance tomberait dans le même péché, l'artifice en moins.
Je relève également un point dans un de vos messages plus bas : le cas de l'acte homosexuel. Ici, effectivement, on peut se demander si l'usage du préservatif est peccamineux, l'acte sexuel étant à la base détourné pour en faire quelque chose de franchement contre nature. Je m'étais également posé la question d'un violeur qui ferait usage d'un préservatif : commet-il un péché en plus? Je pense aujourd'hui que oui, car tout ce qui éloigne un peu plus l'acte sexuel de son objet est à mon sens peccamineux, nonobstant le moindre mal recherché par le sujet. Cette intention peut relativiser la gravité du péché, il n'en reste pas moins qu'il y a bien, materiellement et très probablement formellement, péché.
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