c'est évident et contesté par personne par Luc Perrin 2013-08-12 13:08:06 |
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Bien entendu que le concile de Trente a débattu de cette question en fonction de la contestation hérétique émise par beaucoup de protestants, rejetant la Messe pour de multiples raisons dont celle de la langue latine.
Toutefois Luther n'était pas extrémiste en cette matière : il existe une "messe" luthérienne latine et il a écrit accepter l'ensemble des langues anciennes autant que vernaculaires pour le chant liturgique.
Ce sont les autres théologiens protestants, comme Calvin et les radicaux, qui repoussent le latin et le grec.
Il faut aussi beaucoup nuancer la notion de "vernaculaire" dans le protestantisme historique du XVI-XVIIIe.
En réalité, les offices protestants ne sont JAMAIS conçus en "vernaculaire" mais dans des langues savantes modernes par opposition à des langues savantes anciennes type latin, grec, grabar, copte etc.
Au XVI-XVIIe siècle, les huguenots français célèbrent en français, la langue savante du pouvoir royal : mais dans le peuple protestant du Sud, le français est inconnu et parlé uniquement par les élites par contraste avec les langues d'Oc effectivement pratiquées et vraiment vernaculaires.
Cela vaut pour l'allemand de Luther, langue inventée et savante, alors qu'existait une masse de langues germaniques de familles différentes. Entre les Alsaciens par ex. germaniques et l'allemand savant de Luther, il y a un gouffre.
Les protestants du XVIe ne sont donc pas pour une compréhension du "peuple" avec des langues vraiment "vernaculaires" mais pour la séduction des élites. Dans les sociétés d'Ancien Régime cela n'est pas très étonnant.
En outre, des études pointues ont montré chez les médiévistes et modernistes que la "compréhension" n'est pas forcément liée à une maîtrise des langues savantes anciennes/modernes. Les paysannes médiévales connaissent leurs prières latines et en savent le sens, ne se trompent pas pour les réciter.
Il en va de même pour les chrétiens cachés japonais qui ont conservé des morceaux de prières latines pendant la grande persécution durant plus de 2 siècles. Lors même que les Japonais appartiennent à une autre aire linguistique sans rapport avec le latin.
On dit beaucoup de bêtises dans ces apologies catholiques modernes du vernaculaire ... dommage que ces sottises aient acquis autant d'audience auprès de la hiérarchie comme le cardinal Braz vient de le montrer dernièrement.
Il est enfin curieux que personne chez ces cathos modernes tout énamourés de dialogue interreligieux ne s'interrogent jamais dans une perspective de comparaison interreligieuse : les grandes religions non chrétiennes conservent toutes des liturgies en langue savante, le plus souvent ancienne. Cela vaut ainsi pour l'islam que nos prélats admirent tant parfois sans jamais se poser cette question élémentaire.
Le choix d'un vrai vernaculaire est une bizarrerie dans l'histoire des religions et non pas l'évidence qui nous est présentée dans la littérature catho-moderne de vulgarisation, épiscopale ou même magistérielle parfois.
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