La continuité éventuelle ne génère pas une fécondité évidente. par Scrutator Sapientiæ 2012-11-22 07:34:00 |
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Bonjour jejomau,
1. Vous avez évidemment raison : rien ne vaut le réel, le recours au réel, et, dans le cas du Concile et de l'après-Concile, le retour vers le réel, pour mesurer le bien-fondé de cette orientation stratégique.
2. Dans cet ordre d'idées, je me permets la remarque suivante : la continuité doctrinale conciliaire EVENTUELLE ne garantit pas ou ne génère pas, notamment en Europe, une fécondité spirituelle post-conciliaire EVIDENTE, c'est le moins que l'on puisse dire.
3. C'est cela, à mon avis, qui risque de constituer le critère le plus important, pour mesurer la légitimité de l'herméneutique, ratzingérienne, puis bénédictine, du renouveau dans la continuité.
4. Je me démarque quelque peu de votre vision des choses sur un seul point : c'est quand vous dites qu'il faut laisser le temps au temps ; certes, mais les partisans et les pratiquants de cette orientation stratégique qu'a été et qu'est toujours le Concile Vatican II ont disposé d'un demi-siècle, et ont disposé de quasiment tous les lieux de pouvoir, dans l'Eglise, pour mettre en oeuvre cette orientation.
5. Or, celle-ci a montré qu'elle portait en elle bien des apories, et une assez grande part d'utopie, dès la première année de mise en oeuvre du Concile, et n'a pas cessé de le montrer par la suite, malgré les recadrages et recentrages pontificaux successifs.
6. Le Concile de Latran V s'est terminé en 1517, et la réforme protestante a commencé la même année ; entre autres choses (je pense ici à un contexte européen occidental qui se prêtait mal à une réception sereine, et même à une réception tout court, de ce Concile), cela a fait, à plusieurs titres, du Concile de Latran V, un Concile qui a donné lieu à une mise en forme sans véritable mise en oeuvre.
7. Et LA mise en forme attentive, courageuse, énergique, qui a été suivie par une véritable mise en oeuvre, nous l'avons eue entre trente et cinquante ans après, au Concile de Trente.
8. Comparaison n'est pas toujours raison, un raisonnement par analogie peut avoir des limites, et je ne plaide pas, à titre personnel, pour un Concile Vatican III, mais enfin, le Concile Vatican II s'est terminé fin 1965, et, deux ans après, nous avons eu le début de l'année 1968...
9. Les catholiques, depuis un demi-siècle, font ce qu'il est convenu d'appeler l'expérience du renouveau ; puisque cette expérience n'est pas, c'est le moins que l'on puisse dire, totalement concluante, totalement fécondante, pour persévérer dans cette direction, même modérée ou tempérée, rééquilibrée ou reparamétrée, par une herméneutique qui, faut-il le rappeler, a été montinienne et paulinienne, avant d'être ratzingérienne et bénédicitine ?
10. En d'autres termes et pour conclure, pourquoi ne pas aller (encore plus) clairement et fermement en direction d'une réorientation stratégique, laquelle serait placée sous le signe de la transmission dans la continuité, sous l'angle doctrinal comme sur le plan spirituel ?
Ce Concile est probablement, ne serait-ce qu'en partie, un échec, et ce n'est certainement pas la première fois, dans l'histoire de l'Eglise, qu'un Concile est un échec ; c'est cela, et pas autre chose, qu'il faut avoir le courage et la franchise de dire, afin et avant d'en tirer les conclusions, remédiatrices, qui s'imposent, ce qui nécessite un examen de conscience sans complaisance, sur la nature et la portée des liens de causalité qui existent, entre le Concile lui-même et l'après-Concile, que "le Concile" et "le contexte" ont donné à l'Eglise.
Bonne journée et à bientôt.
Scrutator.
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