D'un extrême à l'autre, en moins d'un siècle. par Scrutator Sapientiæ 2012-10-21 15:08:17 |
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Rebonjour et merci.
1. Très rapidement, je crois que l'on peut dire que l'on est passé d'un extrême à l'autre, en moins d'un siècle.
A trop vouloir tout démontrer, d'une manière réflexive, pour pouvoir mieux s'opposer au naturalisme et au rationalisme, à l'idéalisme et et au matérialisme, la vulgate néo-thomiste est devenue, sur la fin, un "rationalisme théocentrique", qui est allé en direction de controverses dont on n'a plus la moindre idée aujourd'hui.
A trop vouloir tout dévoiler, d'une manière suggestive, pour pouvoir mieux laisser entendre que presque tout ce qui est humain peut être mu ou se mouvoir en direction de presque tout ce qui est divin, la vulgate néo-moderne est devenue, chez certains, un "fidéisme anthropocentrique", qui est allé en direction d'une obsession du consensus dont on subit encore bien des effets de nos jours.
2. Pour toutes sortes de raisons, je me suis penché, surtout depuis cette année, sur l'articulation qui existe entre l'anthropologie et la pneumatologie, articulation que je trouve bien plus fondamentale que celle, qui existe elle aussi néanmoins, entre ecclésiologie et politologie (cf. évidemment l'articulation entre Lumen Gentium et Gaudium et Spes, au sein du Concile Vatican II).
3. Dans le cadre de ces modestes recherches personnelles, j'ai été doublement effaré,
- d'une part, par la pauvreté d'une partie des arguments qui ont été opposés, surtout par des néo-thomistes intransigeants, à HENRI DE LUBAC, quand est paru son célèbre "Surnaturel", en 1946 ;
- d'autre part, par le détournement de finalité, détournement à visée progressiste, dont au moins une partie de SA pensée a été l'objet, surtout à partir des années correspondant au déroulement du Concile.
4. Il y a donc (eu) une grandeur puis une servitude de la nouvelle théologie :
- là où le meilleur de ce courant, dans un premier temps (1937-1962), est allé chercher chez les Pères un mode de ressourcement et d'affranchissement, vis-à-vis d'un néo-thomisme qui risquait de devenir de plus en plus pinailleur ou réducteur, normatif ou restrictif,
- le moins bon de ce courant, dans un deuxième temps (1963-1988) a jeté "le bébé" de l'orthodoxie dans l'ordre de la Foi, avec "l'eau du bain" qu'avait fini par être le néo-thomisme, juste avant le Concile.
5. La réponse à la question de "l'à quoi bon" de la nouvelle théologie se situe dans la distinction entre le courant incarné par la revue Communio et celui incarné par la revue Concilium :
- le premier de ces deux courants, constitué notamment autour de Balthasar et de Lubac, a donné, si je puis m'exprimer ainsi, deux Souverains pontifes successifs à l'Eglise,
- le second de ces deux courants, organisé notamment autour de Congar et Rahner, a alimenté intellectuellement toute une volonté de dépassement du Concile ou d'opposition aux pontifes.
Bon après-midi.
Scrutator.
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