les limites d'une cautions conciliaires par Réginald 2026-09-17 19:07:13 |
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Remarque générale : je considère moi aussi que plusieurs des gestes que vous mentionnez ont été des erreurs pontificales. Il ne s'agit donc pas de les défendre mais de se demander s'ils découlent nécessairement des textes conciliaires.
1. Assise et Nostra aetate
Vous ne citez qu’une moitié du passage. La suite dit immédiatement :
« Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est “la voie, la vérité et la vie” (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse. »
La première partie peut effectivement servir à justifier une attitude de respect envers ce qu’il y a de vrai dans les autres religions. Il est beaucoup moins évident qu’elle justifie tout ce qui s’est fait à Assise.
D’autre part, avec Dominus Iesus, Jean-Paul II a rappelé, contre les interprétations relativistes, l’unicité et l’universalité salvifique du Christ et de l’Église.
2. Le baiser du Coran et Lumen gentium
La phrase de LG n’a rien de scandaleux en elle-même. Sinon, à ce compte-là, il faudrait commencer par reprocher ce genre de langage à Pie XI. Il écrivait déjà :
« Nous gardons l’espérance que la lutte sera vaillamment soutenue, non seulement par ceux qui se glorifient de porter le nom du Christ, mais aussi par tous les hommes […] qui croient encore en Dieu et l’adorent. » (Divini Redemptoris)
Qui sont donc, selon vous, ces hommes qui, sans porter le nom du Christ, « croient en Dieu et l’adorent » ?
3. La Pachamama et Lumen gentium
Là, c’est un non sequitur. Lumen gentium parle de personnes qui « cherchent encore dans les ombres et sous des images un Dieu qu’elles ignorent ». Il ne dit nullement que ces images sont elles-mêmes des représentations légitimes de Dieu.
D’ailleurs, l’allusion scripturaire est explicite : le texte renvoie à saint Paul à l’Aréopage, parlant aux païens du Dieu qu’ils cherchent encore sans le connaître pleinement. L’Apôtre tient ensemble deux choses : a) il y a chez les païens une recherche réelle de Dieu ; b) cette recherche demeure mêlée d’ignorance et d’erreur et doit être purifiée par l’annonce du vrai Dieu et l’appel à la conversion.
Donc, si l’on veut reprocher à LG de reconnaître qu’à travers des représentations imparfaites les païens peuvent réellement chercher Dieu, il faut adresser le même reproche à saint Paul à l’Aréopage.
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