Réponses par Signo 2026-06-09 19:06:47 |
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1. Il me semble que vous confondez le court terme avec le très long terme. La solution de l’Ordinariat vise le court et le moyen terme. Nous approchons bientôt les 60 ans de la réforme liturgique et de la résistance traditionnelle. Le rite traditionnel pour l’instant n’a aucun statut et aucune reconnaissance officielle dans l’Eglise, c’est un rite hors-la-loi provisoirement toléré mais amené à disparaître, les communautés qui y sont attachées subissent de multiples restrictions, doivent négocier chaque ordination, quand celles-ci ne sont pas bloquées. La phase de combat et de résistance, qui n’est certes pas terminée, doit se stabiliser et se « normaliser » sur le plan ecclésiologique. Je rappelle encore et encore que dans l’Eglise catholique un rite n’est légitime que dans la mesure où il est celui d’une Église particulière dirigée par un évêque. En dehors de cela, on ne peut bâtir aucune légitimité juridique stable pour le rite ancien.
Je souhaite évidemment que le NOM se rapproche du VOM mais la lucidité et le réalisme doivent nous conduire à regarder la réalité, et la réalité c’est que ce beau projet, non seulement on en est loin mais en dehors de la France on s’en éloigné considérablement. En admettant que ça arrive un jour, ce ne sera ni pour demain ni pour après demain. Je suis désolé mais personnellement je ne me nourris pas d’illusions (qui ne peuvent que déboucher sur d’amères désillusions) mais de réalisme et de vérité. Dans le scénario le plus optimiste il faudrait attendre au moins un siècle et demi voire plus pour voir un NOM « corrigé » et vous comprenez bien que l’on ne va pas attendre cette hypothétique et improbable « réforme de la réforme » pour donner un statut au rite ancien et régler les problèmes très concrets qui se posent à nous.
2. Non, un ordinariat ce ne sera pas une « FSSPX bis ». L’ordinariat sera une Église particulière officiellement reconnue et en communion avec le Siège apostolique, placée sous un évêque ayant juridiction et intégré au collège des évêques, tout en usant de l’ensemble des anciens livres liturgiques (Missel mais aussi Bréviaire, Rituel et Pontifical). Rien à voir avec une communauté de prêtres en rupture de ban, conférant des sacrements illicites et possédant en son sein de pseudo-évêques sans la moindre juridiction. Tant que Rome respecte les spécificités liturgiques, ministérielles et doctrinales de cette structure il n’y aura pas de raison de se fâcher. Et s’il faut se fâcher, on se fâchera.
L’ordinariat permettra une stabilisation du rite traditionnel, et rien n’empêchera en parallèle, quand le moment sera venu, si le moment arrive un jour, de réformer le NOM pour le rapprocher de la tradition. Mais là on est sur du très, très long terme…
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