Redescendre sur terre par Signo 2026-06-09 13:29:30 |
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1. Plus personne ne croit à cette fiction ratzingérienne « d’un rite en deux formes », tout simplement parce que cette idée ne correspond à rien de réel. Il y a le rite romain traditionnel, quasi dernier représentant encore vivant de la tradition latine, et il y a le nouveau rite qui est un non-rite, une fabrication artificielle sans racines dans la tradition. Je suis le premier à le regretter mais c’est un fait objectivement constatable et constaté. Vous êtes dans un pur fantasme si vous vous imaginez qu’une fusion des rites ancien et nouveau se ferait sur la base de l’ancien. Si un telle fusion arrivait, elle se ferait évidement sur la base du nouveau et pour nous cela signifierait évidemment un ralliement forcé au nouveau rite.
2. Il n’y aura pas ni au cours de ce siècle et probablement pas au siècle suivant de « correction » du rite Paul VI dans un sens traditionnel. Dans le monde ecclésiastique post-conciliaire, non seulement personne n’en veut mais la tendance générale est à l’accélération de la dissolution liturgique dans le progressisme: on parle de rendre la liturgie plus « synodale », l’éloignement avec la culture latine se poursuit, même à Rome dans les célébrations papales. La messe face au peuple, le service de l’autel accessible aux femmes, l’abandon du chant sacré liturgique sont des faits désormais acquis, structurants, que plus grand monde ne songe à remettre en cause même chez les « conservateurs ». La situation de la France n’est pas représentative, dans la plupart des autres pays européens il n’y a pas de virage conservateur et dans beaucoup de pays (Pologne, Autriche, Allemagne, Italie) la jeunesse est plutôt progressiste. A l’échelle de l’Eglise universelle le pire est devant nous.
3. Oui c’est vrai que l’ancienne diversité rituelle correspondait à des traditions locales, ce qui n’est pas le cas avec la coexistence du NOM et du VOM. D’où la nécessité d’un Ordinariat ou équivalent pour fonder l’existence du rite traditionnel sur une réalité ecclésiale (Église particulière à défaut d’être locale). Nous sommes bien obligés d’apporter des solutions inédites puisque le problème auquel nous sommes confrontés est inédit.
Il faut bien comprendre que la problématique dépasse largement la question de l’usage de tel ou tel missel. On est dans des anthropologies, des atmosphères, deux mentalités radicalement incompatibles l’une avec l’autre. La révolution liturgique n’a pas fait que nous faire changer de missel, ni même de rite, elle a fait basculer toute l’Eglise latine dans un autre monde, un autre univers mental, en rupture profonde avec la totalité du passé et de la grande tradition. Aucune « réforme de la réforme » ne peut réparer un bouleversement pareil et je crains bien qu’il soit irréversible.
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