Question sur le texte de l’office par Signo 2026-04-09 22:49:06 |
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Vous évoquez la malheureuse « correction » du texte latin de certaines hymnes de l’office romain par Urbain VIII sous l’influence néo-païenne de l’humanisme.
Assistant aux offices dans ma paroisse il m’est effectivement arrivé d’être surpris de constater que le texte de certaines hymnes dans mon diurnal romain n’était pas le même que celui auquel je m’attendais. Par exemple pour les vêpres du commun de la Dédicace des Eglises, le célèbre et magnifique Urbs Ierusalem beata est remplacé par le Caelestis Urbs Ierusalem, c’est à dire le même texte mais dans un latin bien différent. Je suppose que cet exemple illustre le fait que l’office romain suivi par les communautés traditionalistes, outre le fait de porter les stigmates des graves mutilations opérées par S. Pie X, contient également de malheureux restes des détestables réformes d’Urbain VIII: cet office ne peut donc pas être qualifié de témoin de la tradition dans sa plénitude, contrairement à l’office monastique qui a globalement conservé une structure traditionnelle. Un travail de réforme intéressant serait de restaurer dans l’office romain les hymnes dans leur forme originelle, patristique (ce qui ne serait pas de l’archéologisme, puisque ces hymnes n’ont jamais cessé d’être chantées, notamment dans l’office monastique).
Autre surprise désagréable, dans mon missel (Ed. Sainte-Madeleine, 1990), le texte latin du Benedictus des laudes de la Vigile Pascale n’est absolument pas le même que celui auquel j’étais habitué d’entendre à laudes dans l’office monastique. Par exemple, dans le premier verset, à la place de quia visitavit et fecit redemptionem plebis suae, on a quia visitavit et redémit pópulum suum, et ainsi de suite. Je ne sais pas d’où vient cette étrange version…
Ce qui me paraît clair en revanche, c’est de rappeler que la prière liturgique relève de la tradition orale et repose sur la mémorisation, bien plus importante que la codification, surtout pour la psalmodie à l’Office. Cela suppose que le texte chanté reste stable à travers les siècles et demeure globalement tel qu’il est transmis par tradition, et donc cela exclut de procéder à de « nouvelles traductions », prétendument « meilleures », plus « scientifiques », ou plus proches d’une latinité fantasmée. Ces réformes et les modifications du texte brisent le processus de tradition en détruisant la mémorisation sur laquelle elle repose. La parution de la Néo-Vulgate a ainsi probablement contribué à la destruction des traditions orales (grégoriennes notamment) qui demeuraient dans de nombreuses paroisses jusqu’à la réforme liturgique.
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