Éléments de réponse par Signo 2025-12-14 22:49:45 |
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1. Il est certain que face à la souffrance de l’innocent, il ne saurait y avoir de réponse toute faite. Les argumentaires purement spéculatifs, même prétendument « chrétiens » s’effondrent face au scandale de la souffrance de l’innocent. Il faut admettre que face à ce genre de cas, toute tentative d’explication rationnelle ou « pieuse » apparaît comme vaine, voire indécente.
Cependant, la Révélation chrétienne nous incite à aborder ce genre de problème sous un tout autre plan, en mettant à notre disposition la très riche notion de mystère.
Par la notion de mystère, la nature du problème ne se résous pas selon ses propres termes, mais elle est comme transposée sur un plan supérieur, ontologique, métaphysique, ouvrant la voie à une compréhension nouvelle. Le déploiement du mal sous toutes ses formes dans le monde, y compris dans ce qu’il a d’humainement incompréhensible, c’est le mysterium iniquitatis, le mystère d’iniquité, en face duquel tout discours humain demeure vain. Face à ce mystère, l’homme, même religieux, n’a rien à dire. Il ne lui reste plus qu’à s’unir existentiellement à ce mystère dont seul le Christ a la clé, ou plus exactement est la clé: le mystère d’iniquité prend une dimension nouvelle dans le mystère de la Croix. Et cette transposition ne peut être saisie que dans la foi, dans l’acte de confiance radicale et sans cesse renouvelé de la foi. La foi en un Dieu qui s’anéantit et s’unit à l’humanité au point d’embrasser la souffrance et la mort.
2. Figurez-vous qu’en tant que catholique, moi non plus je n’adhère pas à tout ce que dit et fait l’institution ecclésiale. Je partage la foi de l’Eglise telle qu’elle la formule dans le Credo et les définitions de foi (dogmes), cela ne m’empêche pas de garder un regard critique sur certaines insuffisances, faiblesses, gauchissements, lacunes, y compris sur le plan théologique, de l’institution qui, ne l’oublions pas, a aussi une dimension purement humaine (d’où la nécessité constante d’une « réforme » afin que la part humaine de l’Eglise corresponde toujours plus à sa composante divine). Être catholique ce n’est pas adhérer à une secte ni adhérer aveuglément à un système idéologique religieux. C’est d’abord suivre le Christ en adhérant librement à l’Eglise qu’Il a fondé, Église qu’il faut bien distinguer de l’appareil ecclésiastique faillible qui n’en donne trop souvent qu’une vision caricaturale.
3. Cette question est trop vague, pour y répondre il faudrait que vous précisiez les points du NT qui vous font difficulté. Il est bien sûr nécessaire d’adhérer à tout ce qu’enseigne le Nouveau Testament, encore faudrait-il savoir de quelle interprétation du Nouveau Testament on parle. C’est l’Eglise qui a écrit, compilé et transmis les textes qui composent le NT, par conséquent elle seule est légitime pour en donner l’interprétation authentique, puisqu’elle seule jouit de l’assistance de l’Esprit de vérité promis par le Christ à ses disciples.
4. En réalité Dieu s’est révélé de multiples manières bien avant l’avènement du Christ. La première révélation, c’est la Création des univers invisible (monde angélique) et visible (l’univers matériel, naturel). Cette dernière création en particulier « porte » en elle-même l’empreinte divine: depuis ses origines, l’homme reçoit intuitivement la conscience de la présence divine en contemplant la nature. Par ailleurs, même après le péché originel, l’homme garde dans son âme spirituelle la nostalgie de Dieu. Et puis Dieu a préparé la Révélation ultime par la prédication prophétique au sein du peuple d’Israël. Dieu s’est donc révélé avant la Révélation. Cette dernière, celle opérée par le Christ, est la dernière et inaugure l’ultime phase de la vie de l’humanité: « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche » (Marc 1, 15), « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. » (He 1, 1-2).
On voit donc que:
- Dieu n’a pas laissé l’humanité sans lumières depuis ses origines, mais lui a au contraire constamment donné des moyens de prendre conscience de sa Présence, soit par les multiples formes de la révélation primordiale et naturelle pour les païens, soit par la prédication prophétique pour les Juifs;
- cette arrivée tardive du Christ dans l’histoire est affirmée explicitement et à plusieurs reprises dans l’Ecriture elle-même; c’est donc davantage un élément renforçant la crédibilité du christianisme plutôt qu’un sujet de doute ou de perplexité, me semble-t-il. Au passage, vous avez raison de souligner l’ancienneté de l’humanité et le caractère relativement récent de la Révélation chrétienne: deux mille ans, c’est relativement peu de chose, et donc nous sommes bien dans les derniers temps, dans le dernier âge de l’histoire humaine…
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