Sipitualité ignatienne et approche monastique par Signo 2025-09-29 16:12:53 |
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Je ne voudrais pas avoir l’air de critiquer la communauté de Flavigny pour laquelle j’ai de l’estime, à qui je dois beaucoup et qui fait beaucoup de bien en rayonnant largement autour d’elle (seule communauté monastique d’inspiration traditionnelle dans tout le quart nord-est de la France !).
Néanmoins je trouve personnellement ce mélange entre cadre monastique et spiritualité ignatienne un peu bancal, et je suis loin d’être le seul.
Je ne sais pas s’il existe une « spiritualité bénédictine ». Il y a la spiritualité monastique qui plonge ses racines dans la doctrine ascétique des Pères du désert et des Pères de l’Eglise (fondée sur la Bible et la liturgie), dont S. Benoit fut l’héritier et qu’il a transcrit et adapté aux mentalités occidentales. Dans cette optique, le fidèle s’immerge dans l’atmosphère monastique et participe librement aux offices, se nourrissant de la spiritualité biblique, en particulier des psaumes, et recevant s’il en ressent le besoin un accompagnement de la part d’un père spirituel expérimenté. Pour moi c’est la seule spiritualité véritablement traditionnelle, celle de l’Eglise ancienne que par la suite seul le monachisme a préservé en Occident.
La démarche ignatienne elle est bien différente et relève davantage de la mentalité moderne. Elle insiste davantage sur l’introspection parfois un peu scrupuleuse, la psychologie, la crainte de la damnation (tendance que la réduction tardive -XXe s.- des Exercices de quatre semaines à cinq jours a aggravé) et verse parfois dans un certain dolorisme. Certaines personnes en ont tiré de grands fruits, je ne le nie pas, mais j’ai aussi entendu dire que d’autres en étaient ressortis presque traumatisés sur le plan spirituel et psychologique. Ce n’est en tout cas pas à conseiller à tout le monde… n’en déplaise même à un certain magistère.
Ce dont je suis sur en tout cas, c’est que les participants à ces exercices à Flavigny sont découragés de participer aux offices monastiques. Les retraites ont lieu en parallèle du cycle liturgique. Le monastère finalement ne fait que fournir le prédicateur, la messe (toujours basse) et les locaux. Cela montre bien que les exercices sont incompatibles avec le cadre monastique, tout comme l’eau et l’huile qui ne se mélangent jamais… même si bien des aspects de la spiritualité ignatienne ont des racines dans la tradition plus ancienne.
A Flavigny, ce caractère un peu bancal est renforcé par le bi ritualisme (1962 pour les messes basses, nouveau rite en latin ad orientem pour la messe conventuelle, mais pas de concélébration), et aussi par un office monastique propre à l’abbaye (si j’ai bien compris, c’est le monastique traditionnel un peu réduit et bricolé ; je ne critique pas, S. Benoit le permet explicitement dans sa Règle, mais quand on a un peu pratiqué l’office monastique intégral… bref).
Tout cela pour dire que ces caractéristiques constituent à mon gout un modèle qui manque d’unité et de cohérence (ce n’est que mon avis, qui ne vaut que ce qu’il vaut).
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