Vous raisonnez dans l’abstrait par Signo 2025-07-10 12:38:58 |
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Tout votre position repose sur le raisonnement suivant: le concile a demandé une réforme, une réforme a eu lieu, donc la réforme répond forcément et évidemment à ce qu’a demandé le concile.
Mais c’est précisément cette dernière assertion que je conteste, et je ne suis pas le seul ni le premier, comme le montrent les citations de Ratzinger données par Candidus.
Le concile a demandé une réforme, certes, mais il n’a probablement pas demandé CETTE réforme. C’est ce qu’affirme Ratzinger (au moins concernant le missel) et il le dit « avec certitude », parlant en homme qui a participé au concile, suivi les débats, a été imprégné de son ambiance etc. Contrairement à vous qui n’avez du Concile et de ce qu’il a voulu qu’une compréhension théorique et éloignée.
Après, concernant le Pontifical et le Rituel, je n’ai pas d’avis précis, n’ayant pas étudié la question.
Mais concernant le missel, on a de bonnes raisons de penser que si les Pères conciliaires avaient su en 1963 ce qu’on allait faire six ans plus tard (!) de leurs directives et avaient vu le nouveau missel, (sans même parler de ses conséquences) ils l’auraient refusé. Tout comme la « messe normative » de Bugnini a provoqué une levée de bouclier chez une grande partie des évêques et supérieurs généraux composant l’assemblée à qui elle a été présentée. Seul un changement rapide des mentalités et de l’atmosphère dans l’Eglise, avec l’influence de l’esprit de mai 1968, ajouté à la longue habitude de servilité à l’égard de l’autorité acquise depuis des siècles, que les évêques ont accepté la réforme quand elle a été promulguée, dans un contexte bien différent de Sacrosanctum Concilium. (Un exemple tout simple: en 1962 le grand débat des premières semaines du concile est d’envisager éventuellement de dire les lectures de la messe en français; à ce moment là il n’est pas question de traduire le canon; à la fin des années 1960 c’est l’abandon presque complet de la langue latine qui est acté…) Par conséquent reconnaître l’autorité du Concile décidant une réforme ne signifie pas ipso facto accepter la réforme telle qu’elle s’est concrètement déroulée. Ce sont deux choses bien différentes.
Enfin je suis toujours frappé de l’évidente mauvaise foi de ceux qui se permettent de jeter intégralement à la poubelle le témoignage (effectivement gênant) de Bouyer sous prétexte qu’il était « aigri ». Qu’il ait été aigri, c’est probable (et comment ne le serait-il pas, en voyant l’Eglise abandonner tout ce pourquoi il l’avait rejointe), qu’il ait exagéré certaines interprétations, c’est possible. Mais il donne aussi de nombreux éléments factuels dans son témoignage, qui ne relèvent pas de l’interprétation mais de ce qu’il a vu et entendu de ses propres yeux et de ses propres oreilles, qu’il n’a certainement pas inventés, et que vous ne pouvez pas simplement écarter sous prétexte qu’ils ne vont pas dans votre sens. Et cela vaut aussi pour Mgr Lefebvre, qui n’a pas toujours été l’évêque outrancier et marginal qu’il fut à la fin de sa vie, mais était l’un des prélats les plus importants dans l’Eglise sous le pontificat de Pie XII!
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