préparer et guider les célébrations liturgiques, c’est réunir la sagesse divine et la sagesse humaine. La première s’acquiert par la prière, la méditation et la contemplation ; la seconde provient de l’étude, de l’engagement à approfondir, de la capacité d’écouter. Pour réussir dans ces tâches, je vous conseille de garder les yeux fixés sur le peuple, dont l’évêque est le pasteur et le père : cela vous aidera à comprendre les besoins des fidèles, ainsi que les formes et les moyens de promouvoir leur participation à l’action liturgique.
C'est en effet un beau passage. Mais il n'empêche que ce texte va dans ce même mouvement qui, depuis maintenant un peu plus de 60 ans, dévalorise tout ce qui ne relève pas de la "simplicité".
Ce qui est intéressant et, je le constate à chaque fois que je vais à la messe (double précision : j'ai un peu voyagé à travers les diocèses et n'assiste quasi exclusivement qu'à des messes Paul VI), c'est que le peuple a une aspiration très forte à ce qui est souvent caricaturé comme des messes "fastueuses".
Pour le dire autrement et franchement : le dépouillement n'attire pas les fidèles. Et je dirais même que plus vous descendez dans les classes sociales (aucun jugement de valeur au passage dans cette phrase), plus le dépouillement est un repoussoir absolu. Ce qu'a très bien compris la Communauté Saint-Martin, au passage. Si j'avais obtenu un euro à chaque fois qu'une personne "issue des classes populaires" m'avait dit "ah mais les messes ici c'est pas pareil, il y a de l'encens, des beaux chants, du latin et ils portent la soutane", croyez bien que je serais riche.
Je connais bien votre rhétorique, pour l'entendre régulièrement de prélats hélas hors-sol, le plus souvent à cause de leur formation intellectuelle du séminaire qui, marqué par le rejet de toute forme de dévotion populaire, de religion "de masse", selon la doxa des années 60 qui met du temps à mourir (et qui est tellement mauvaise qu'elle sera extrêmement longue à éradiquer, quand bien même un pape comme François, excellent point à relever de son pontificat, a toujours défendu et valorisé la piété populaire) : la beauté de la liturgie peut se déployer dans la simplicité, si l'on suit à la lettre le missel les célébrations sont très belles, etc. Oui, certes. Mais les faits sont têtus, comme le dit l'adage. Et dans "noble simplicité", il y a "noble".
Je conclurais en soulignant - et n'y voyez pas de pique de ma part ou une utilisation malicieuse du Saint-Père - que, précisément, les pasteurs qui ont compris que la liturgie déployée (i.e avec les "pompes" honnies) attire le peuple sont à peu près toujours les pasteurs qui portent "l'odeur de leur troupeau".