Réponse par Signo 2024-12-10 20:13:18 |
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D’abord, je n’ai jamais dit qu’il fallait brader les sacrements et donner la communion à tout le monde indifféremment. Ce que je critiquais, c’était le fait que de simples laïcs s’érigent en juges de leur prochain (ce faisant, ils se mettent eux-mêmes en danger sur le plan spirituel en contrevenant aux commandements divins, commettant un péché peut-être plus grave que ceux commis par les personnes qu’ils ont jugé). Je le répète, seul le confesseur est en mesure de savoir si telle ou telle personne peut ou pas communier. Les simples fidèles eux n’ont strictement rien à dire ni même à penser.
Du reste, je suis partisan d’une discipline plus stricte en matière d’accès à la communion, mais pour tout le monde et pas seulement pour ceux étiquetés « pécheurs publics » (et traités en quasi parias).
Pour ce qui est de la question des divorcés remariés, je ne conteste évidemment pas le fond de la doctrine mais je m’interroge tout de même sur la forme, c’est à dire la manière dont elle est formulée. Le magistère récent a bâti sur ces questions une théorie en noir et blanc qui a le mérite d’être claire mais qui me paraît un peu déconnectée de la réalité concrète de ce que vivent de nombreuses personnes, car la réalité elle n’est pas en noir et blanc mais relève d’une infinité de nuances de gris. Derrière la catégorie « divorcés remariés » il y a une infinie diversité de cas très différents et chacun est unique. Il y a peut-être des cas, sans doute très minoritaires, pour lesquels un reprise de la vie sacramentelle est possible. Un discernement plus personnalisé au cas par cas, effectué par un prêtre bien formé et munis de quelques critères objectifs définis par l’Eglise (par exemple un premier mariage conclu dans un état d’immaturité ou d’ignorance, un véritable esprit de pénitence, une vie chrétienne régulière, etc), pourrait permettre d’identifier ces cas minoritaires et les soumettre au jugement de l’évêque en vue d’une possible reprise de la communion, l’objectif étant un progrès spirituel des personnes. Cela ne me paraît pas extraordinairement choquant. Rappelons au passage que les Églises orientales orthodoxes, dont la doctrine est la même dans le fond, ont une approche bien différente de ces questions délicates (approche peut-être dans les faits trop laxiste, mais il y a peut-être quand même quelque chose à en tirer).
Évidemment dans le contexte actuel, comme 90% de l’Eglise est aux mains de libéraux qui ne rêvent que d’une braderie généralisée des sacrements, cette voie d’équilibre à la fois soucieuse de la doctrine et de la réalité du vécu des personnes me paraît difficilement praticable.
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