Concile réel et concile imaginaire par Signo 2024-07-15 14:49:39 |
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Le vrai problème avec toutes ces polémiques concernant le Concile est que tout le monde parle de Vatican II mais presque personne ne l'a lu intégralement et sans lunettes déformantes.
Dans le domaine liturgique on s'imagine que Vatican II a demandé la suppression du latin et du grégorien, alors que Vatican II canonise le chant grégorien, demande de le mettre a la première place et demande le maintien du latin aux cotés du vernaculaire (ce qui se fait aujourd'hui dans la plupart des paroisses attachées a la messe de St-Pie V).
Sur la question du grégorien, c'est meme l'inverse: s'inscrivant dans la lignée de S. Pie X, l'idée du Concile est qu'il faut inverser la tendance en cours consistant a remplacer le chant liturgique par des cantiques; de fait dans de nombreuses régions avant le Concile, la messe du dimanche était en fait une messe basse au cours de laquelle les fidèles chantaient des cantiques en vernaculaire ou en latin. Le grégorien était loin d'tre pratiqué partout. Je me souviens avoir lu un extrait d'une directive du Consilium datant des années 1960 qui évoquait explicitement cette question.
On s'imagine que Vatican II a demandé la messe face au peuple; en realité le Concile n'aborde pas du tout le sujet.
On peut également sérieusement se poser la question de la fidélité de la réforme liturgique de 1969 avec les orientations données dans Sacrosanctum concilium...
On s'imagine que Vatican II a enseigné le relativisme; pourtant Dignitatis Humanae rappelle explicitement que la religion catholique est l'unique vraie religion et que les hommes ont l'obligation morale d'y adhérer et d'y rester fidèles.
On s'imagine que Vatican II a mis fin a la doctrine traditionnelle de la substitution du peuple d'Israel par l'Eglise, alors qu'en réalité le concile enseigne la doctrine traditionnelle de la substitution dans au moins deux voire quatre textes différents (voir ici et ici).
On accuse Vatican II d'etre protestant, pourtant c'est le concile de tous les conciles de l'histoire de l'Eglise qui accorde le plus de place a la Vierge Marie (Un chapitre entier de Lumen Gentium, ce qui est bien plus que le concile de Trente). Dans la meme optique on l'accuse d'avoir effacé ou obscurci la distinction entre sacerdoce ministériel et sacerdoce baptismal; pourtant il suffit de lire le chapitre III de Lumen Gentium pour s'apercevoir que l'accusation est fallacieuse.
On oublie également que Vatican II demande que les études écclésiastiques, notamment la formation sacerdotale, s'effectue avec S. Thomas d'Aquin pour maitre, etc.
Comme le dit l'adage, contra factum non datur argumentum. Bien sur que le concile n'est pas parfait (aucun concile ne l'est!), qu'il y a des ambiguités, des passages flous voire potentiellement dangereux. Mais cela ne justifie certainement pas le fait de rejeter totalement le concile dans son ensemble, d'autant plus que ses différents textes sont d'une autorité doctrinale très variable (une constitution dogmatique n'est pas une déclaration, etc). Et rappelons que Mgr Lefebvre a personnellement signé la plupart des textes conciliaires. Ce n'est que dans les années qui ont suivi qu'il a commencé, en réaction au chaos liturgique et doctrinal qui se répandait alors, a interpréter cerains passages dans un sens défavorable...
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