Le mariage de deux protestants est considéré comme valide en tant que mariage naturel. Pas en tant que sacrement, me semble-t-il.
Un mariage naturel est un mariage entre deux non-baptisés. Il est valide, indissoluble, même si les intéressés l'ignorent, sauf le privilège paulin, le cas échéant, mais il n'est pas un sacrement.
Si les deux protestants sont validement baptisés (cela peut arriver), leur mariage, c'est-à-dire l'échange de leurs voeux matrimoniaux devant un ministre, voire devant le fonctionnaire de la mairie, est valide, est un sacrement, et est indissoluble. Même si eux-mêmes, le ministre ou le fonctionnaire, ne croient pas au sacrement et à l'indissolubilité.
Les voilà bien arrangés.
J'ai connu le cas d'une réformée hollandaise, revenue à l'Église (dans les années 50, la dernière décennie de l'Église catholique aux Pays-Bas), mais mariée (puis divorcée) avec un mécréant, à la Mairie, ce dernier baptisé lui-aussi validement dans une secte réformée. Elle n'a jamais pu se remarier avec un catholique, ce qu'elle voulait, et elle est décédée célibataire (au fait, mariée avec ce mari réformé décédé après elle), avec la grâce de Dieu.
En revanche, comme vous le dites, si un baptisé catholique, renégat ou pas, se marie devant un ministre non catholique, le mariage est inexistant.
Or, dans le cas qui nous occupe dans ce fil, tous les concernés ont eu, et ont, soigneusement soin, de recevoir et donner tous les sacrements selon les livres de 1568, 1570 et 1614 de l'Église.
Aucun doute de validité.
Leur volonté primaire est d'être catholiques et d'être soumis et obéissants aux autorités catholiques.
Il se peut qu'ils se trompent, par une erreur de fait (
error facti), sur la personne du Pontife romain, ne prenant pas en compte le vrai Pontife existant qu'ils ignorent ou ne perçoivent pas comme tel, pour une raison théologique, erronée ou pas, qui leur est propre.
C'est évidemment pour cette raison qu'ils n'ont pas repris les éditions postérieures des livres de 1568, 1570 et 1614 parues après 1960. Sinon ils l'auront fait.
Sur leur for interne, leur sincérité, leur bonne foi, seul le Bon Dieu est juge. Au for externe, ils ne sont même pas formellement schismatiques, puisqu'ils ne présument pas (contrairement à d'autres) de ne pas obéir au Pontife légitime, ou reconnu par eux comme tel.