Non, c'est un pape philo-postmoderne. par Scrutator Sapientiæ 2021-07-20 12:25:55 |
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Bonjour Pétrarque,
Je suggère la réflexion suivante qui est, par nature, améliorable.
Il y a eu successivement
- le primo-modernisme, apparu au début des années 1890,
- le néo-modernisme, apparu à la fin des années 1920,
- le postmodernisme, apparue à la fin des années 1960.
Le pape François est un pape philo-postmoderne, et je pense ici à quelques références : Michel de Certeau, la philosophie de la libération et la théologie du peuple, alors que ces références, qui sont aussi des sources d'inspiration au service d'un type d'orientation, ne découlent certainement pas, directement, du primo-modernisme, ni, en ligne directe, du néo-modernisme.
Etudiez l'histoire de la philosophie européenne et l'histoire de la théologie contemporaine, et vous comprendrez, comme moi, que les dominicains et les jésuites qui ont commencé à "percer", à partir de la fin des années 1960, dont les dominicains Duquoc et Geffré et les jésuites Dupuis et Moingt, ne doivent pas toute leur inspiration aux modernistes qui ont oeuvré sous Léon XIII puis sous Saint Pie X, ni même à Balthasar, Chenu, Congar, de Lubac, Maritain, Mounier, Rahner ou Teilhard ; c'est parfois même le moins que l'on puisse dire.
D'une manière générale, j'encourage les liseurs, non seulement à s'intéresser au primo-modernisme, antérieur au Concile, et au néo-modernisme, inspirateur du Concile, mais aussi à s'intéresser au modernisme d'aujourd'hui, qui est d'inspiration postmoderne, déconstructrice ou émancipatrice ad intra, et fédératrice ou unificatrice ad extra, comme on le voit, respectivement, d'une part au sein ou autour d'Amoris laetitia, d'autre part au sein ou autour de la déclaration d'Abou Dhabi et du synode sur l'Amazonie.
A la limite, je suis tenté de dire que,
- pour un néo-moderniste bon teint, la vigilance et la résistance catholiques contre le relativisme et le subjectivisme ont encore tout leur sens, dans le domaine de la morale et dans celui des sacrements,
tandis que,
- pour un philo-postmoderne, l'assouplissement de certains "stéréotypes", ou l'émancipation à leur égard, constitue une priorité, en vue de de l'élimination de "discriminations", ou bien entre les diverses convictions religieuses, ou bien entre les diverses convictions morales, car ces "discriminations" nuisent à la mise en oeuvre du discernement évangélique, dans la miséricorde, et à l'ouverture sur les périphéries.
Bonne journée.
Scrutator.
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