Les rigolos de la théologie ! Vive le cardinal ! par JVJ 2021-05-29 10:25:30 |
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On peut faire une thèse sur le cardinal de Lubac ou sur Mahomet sans adhérer à la virgule près ce que l'on expose.
On voit bien que pour certains théologie = apologétique bas du front.
En 2000 ans, il y eut de multiples courants en théologie et je ne vais encore pas rappeler que les Dominicains n'étaient pas immaculistes au Moyen Age. Ce point était très loin d'être tranché. Les malhonnêtes sortiront une phrase de st Thomas pour faire croire que. Désolé, ceux qui éditent st Thomas d'après les manuscrits (aujourd'hui ils sont à Paris) ne suivent pas et même ne perdent pas de temps avec ce révisionnisme.
Il y a des maniaques de la Vierge co-rédemptrice.
La théologie n'est pas l'étude du catéchisme de 1930, le doigt sur la couture du pantalon.
La théologie n'est pas l'ânonnement de ce que des théologiens (où est la liste ? à quelle date est-elle arrêtée ?) ont écrit, vaille que vaille...
Quand les ordres religieux avaient leur personnalité, il n'y avait rien de semblable avec un théologien chartreux sur tel point, et un universitaire parisien ou oxonien sur le même sujet ! Et c'est normal.
L'archevêque de Reims est un spécialiste de Lubac, et alors ?!
Un prêtre spécialiste de Marx ou des Hussites (tous ne furent pas hérétiques) ne devient pas marxiste dans sa théologie ou adamite dans sa vie.
Quels raisonnements étriqués de mettre les théologiens, à la vie longue par ailleurs, dans des cases, celle du Bien et celles du Mal !
Et raisonnements de gens qui n'ont jamais lu des théologiens par-delà les siècles.
Quand la théologie se faisait par l'enseignement oral et les manuscrits, pas de contrôle des temps modernes à coup d'imprimatur !
St Augustin n'est pas un bloc. Et ce qu'il dit des messes pour les morts, pour autant qu'on sache, est infiniment pauvre par rapport à ce que les siècles ultérieurs ont développé.
Qui a lu le t. IV des Mémoires du cardinal de Lubac ?!
Il critique les applications du concile, très tôt.
Entre Lubac et Georges de Nantes, il n'y a pas photo du point de vue de l'ampleur... théologique. Lubac a même formé comme un système, ce qui n'est pas permis à tous les théologiens. En liturgie, il y a quelques liturges et beaucoup de liturgistes.
Avoir son Guillaume Durand en 1350 (et en 2021 ! hi hi hi) pour juger de toutes les messes à la surface de la Terre ne serait venu à l'idée de personne. Durand est un compilateur, un observateur, un liturge. Mais jamais il n'aurait souhaité que la chrétienté s'en serve comme d'une aune.
A-t-on le droit d'avoir des femmes théologiennes ? Hein ? L'étude des choses divines est-elle genrée ? Elle le fut longtemps, je peux comprendre. Rares étaient les moniales qui lisaient le latin dans le texte au Moyen Age. Eudoxie ferait une excellente théologienne pour prêcher devant l'évêque d'Orléans ! Mais je ne lui donne pas le cardinalat, que je réserve aux mâles. Et je réduis le nombre de cardinaux. Plus il y a de cardinaux, plus les conseils sont dilués et le cardinalat, insipide. Au XIIIe s., il n'y eut ordinairement qu'une dizaine de cardinaux, presque tous en curie, et c'est très bien ainsi.
Faire une thèse, cela reviendrait à défendre mordicus une position. Eh ben. Ils confondent avec les thèses de Luther et ne connaissent pas grand'chose à la collation des grades, ni au travail patient et désintéressé à l'université (qui est une invention du catholicisme médiéval) ou dans les lieux réguliers, s'il existe encore ce genre d'écoles de théologie.
NDLR : les thèses soutenues avant le concile à Rome (et sans doute ailleurs) prenaient parfois deux ans, ce qui prouve l'absence de sérieux (voir les carnets inédits du cardinal Martin que j'ai souvent cités). Et aujourd'hui, je ne sais pas trop... En histoire, on pousse à les boucler sur un sujet très ponctuel en trois ans. N'importe quoi. Et on a tué la thèse d'Etat qui prenait quinze ans d'une vie. Au XVe s., on prenait sa licence à Paris en janvier et on recevait le bonnet de docteur en décembre, parfois. Des historiens étudient cette collation des grades, mais à ma connaissance perfectible, n'ont jamais insisté sur le fait que la collation était vraiment très généreuse. De grands théologiens aussi sortaient des monastères (st Bernard a dit lui aussi des bêtises ou des choses que le tradi le plus étriqué ne saurait suivre en 2021), et des clercs prescripteurs n'ont jamais eu qu'une licence et même moins. Nicolas de Clamanges, esprit supérieur, n'était que licencié.
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