Du légalisme au sédévacantisme par Candidus 2021-05-27 10:52:54 |
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Comparons les deux bulles de St Pie V instituant le bréviaire de 1668 et le missel de 1570.
Bulle Quod a nobis (1568) de St Pie V :
Nous ordonnons que notre bréviaire [...] soit gardé dans toutes les églises du monde entier, [...] statuant que ce bréviaire, DANS AUCUN TEMPS ne pourra être changé en tout ou en partie, qu’on n’y pourra ajouter, ni en enlever quoi que ce soit, et que tous ceux qui sont tenus par droit ou par coutume à réciter ou psalmodier les heures canoniales [...] sont expressément obligés désormais, À PERPÉTUITÉ, de [l'utiliser].
Nous ordonnons donc à tous [...] d’introduire ce bréviaire [...] faisant disparaître les autres bréviaires [...] ; et il est enjoint [à tous ceux] auxquels est imposée l’obligation de dire ou psalmodier l’office, d’avoir soin de le dire ou psalmodier [...] suivant la forme de ce bréviaire. […]
Bulle Quo Primum (1570) de St Pie V :
Statuons et ordonnons [...] en vertu de cette constitution qui doit valoir À PERPÉTUITÉ, qu’on ne pourra rien ajouter, retrancher ou changer au missel que nous publions ; mandant et commandant en vertu de la sainte obéissance, à tous et à chacun [...] de chanter et lire désormais la messe, selon les rite, mode et règle que nous publions dans ce missel, en ayant soin d’omettre et rejeter entièrement, à l’avenir, toutes autres manières et rites observés jusqu’ici d’après d’autres missels même anciens.
Vous conviendrez que le paralélisme est frappant. St Pie V a institué son bréviaire en 1568 de la même manière qu'il a institué son missel en 1570. Même solennité, mêmes termes univoques, même instrument (une bulle).
Or, cela n'a pas empêché St Pie X en 1911 par la constitution Divino Afflatu de bouleverser le bréviaire de fond en comble en faisant passer aux oubliettes celui que St Pie V avait institué "à perpétuité". St Pie X s'est adressé en ces termes à ceux qui prétendraient continuer à réciter le bréviaire concédé "à perpétuité" par St Pie V :
"Que personne n'enfreigne ou témérairement s'oppose à notre abolition, révocation [...] quiconque présumerait de s'y opposer, qu'il sache qu'il encourra l'indignation du Dieu tout-puissant et des Ses apôtres les bienheureux Pierre et Paul."
En droit, ce que St Pie X a fait à l'égard du bréviaire, n'importe quel pape pourrait le faire à l'égard du missel, on ne peut donc pas s'opposer au NOM et défendre le VOM avec des arguments juridiques en s'évertuant à prouver qu'il existe une base légale pour refuser le second et retenir le premier. Si c'est sur cette base que l'on veut argumenter, on devient un sédévacantiste en puissance. En effet, le jour où François abrogera Quo Primum (sur le plan juridique, rien ne l'en empêche), la seule issue qui resterait aux légalistes serait de conclure que cette abrogation est nulle parce que François n'est pas le léglislateur suprême.
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