Cette éclipse est permise et non voulue par Dieu. par Scrutator Sapientiæ 2021-02-14 22:36:06 |
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Bonsoir Chicoutimi,
Premièrement, d'une manière générale, nous devrions pouvoir exercer notre discernement au contact de tout mode de raisonnement
- qui repose sur des risques de confusion (notamment, je le crois, entre l'infaillibilité de l'Eglise et celle des pontifes)
et
- qui débouche sur des risques de divisions, non seulement entre ceux qui adhèrent et ceux qui n'adhèrent pas à ce mode de raisonnement, mais aussi entre ceux qui y adhèrent avec une certaine conclusion et ceux qui y adhèrent avec une tout autre conclusion.
Deuxièmement, les papes du Concile et de l'après-Concile peuvent très bien être à la fois
- non illégitimes, sur le plan institutionnel, compte tenu du cheminement qui les a conduit à être éligibles, puis élus,
et
- plus opérationnels pour consensualiser que pour évangéliser, compte tenu des expressions et surtout des omissions qui sont souvent les leurs.
Troisièmement et par ailleurs, quand je lis ce qui suit, je m'interroge quelque peu :
"Il y a une troisième voie qu’il ne faut pas oublier. Celle d’un pape éclipsé par la volonté divine, de telle sorte que son long exil passe inaperçu aux yeux de tous les hommes. Un Dieu qui mettrait à l’épreuve la foi de ses fidèles d’une manière très semblable à l’épreuve permise pour ses apôtres lors de sa mise au tombeau."
(...)
"Aussi incroyable qu’elle paraisse, cette troisième voie ne devrait pas être exclue d’un revers de main simplement parce qu’elle requiert l’intervention divine."
Je me trompe peut-être, mais il me semble que Dieu veut le bien et qu'Il permet le mal, au point de permettre l'éclipse actuelle, qui est bien plus une éclipse de la foi catholique qu'une éclipse de l'Eglise catholique, ou au point de s'abstenir d'intervenir, en tout cas pour l'instant, pour que cette éclipse de la foi catholique s'achève ou s'estompe, au sein même de l'Eglise.
Quatrièmement, l'éclipse de la foi catholique,
- en tant que vertu à la fois surnaturelle et théologale,
mais aussi
- en tant que pleinement propice à la communication de la Parole de Dieu, à la coopération avec la volonté de Dieu, et à la vigilance puis à la résistance face à l'esprit du monde,
cette éclipse de la foi catholique m'amène à mettre en avant le néologisme suivant, dans l'espoir de clarifier la situation et non, bien sûr, dans celui d'ajouter à la confusion : je pense ici à cette notion, "l'ortho-vacantisme", dans la mesure où je considère que c'est la foi catholique, pour ainsi dire en tant que foi orthodoxe, qui est devenue minoritaire, au sein même de l'Eglise catholique.
Cette situation a commencé à se manifester dès la fin des années 1920 ou le début des années 1930, pour des raisons avant tout philosophiques, et non théologiques, mais cela ne veut pas dire que les papes du Concile et de l'après-Concile sont des "apostats" ou des "hérétiques", au sens propre de chacun de ces termes.
Cela veut seulement dire que ces papes sont "post-orthodoxes", dans la mesure où d'après eux, la consolidation de la connaissance, de la compréhension, de la préservation, de la propagation, de la réception et de la transmission de la foi catholique, d'une part en tant que foi orthodoxe, d'autre part en tant que foi réfractaire à certains concepts et à certaines valeurs inspirés par l'esprit du monde ou par l'esprit du temps, n'est pas une priorité pleinement affichable puis assumable, dans la durée et en profondeur.
(Ce point gagnerait sans doute à être nuancé, compte tenu de la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique, en 1992, et, peut-être davantage, de celle du Compendium du Catéchisme, en 2005, etc.)
Tout de même, les clercs catholiques qui ont commencé à dire "oui" à une anthropologie personnaliste, à une ecclésiologie oecuméniste, à une conception des religions non chrétiennes propice à de l'inclusivisme, à une vision du monde contemporain propice à de l'immanentisme, auraient dû se poser la question de savoir jusqu'où ce quadruple "oui" les entraînerait, puis entraînerait leurs continuateurs.
Or, il ne semble pas qu'ils l'aient fait d'une manière précise et prudente, d'où la "dynamique", respectivement anti-substantialiste, anti-controversiste, anti-exclusiviste et anti-organiciste, qui a conduit jusqu'à la situation actuelle, "aboudhabo-amazonienne".
Je viens d'essayer d'écrire quelque chose de non insensé, n'y suis sans doute pas parvenu, vous prie donc de bien vouloir m'en excuser, mais je "maintiens" que nous devrions pouvoir exercer notre discernement, en présence d'un mode de raisonnement qui prend le risque de découler d'une origine potentiellement erronée et de conduire jusqu'à une hypothèse potentiellement aberrante : "celle d’un pape éclipsé par la volonté divine, de telle sorte que son long exil passe inaperçu aux yeux de tous les hommes."
Imaginons que cette hypothèse ne soit pas infondée : le moment venu, qui sera à la fois suffisamment inspiré par Dieu et suffisamment qualifié, aux yeux de l'Eglise et des fidèles, pour dire que c'est telle personne catholique qui est ce pape qui, pendant un certain temps, aura été éclipsé, ou exilé, conformément à ce que Dieu lui-même aura voulu ?
Cela me rappelle cette notion : "l'imam caché", dans une autre religion.
Bonne soirée.
Scrutator.
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