Vérité catholique et erreurs libérales par Goupillon 2020-10-13 16:03:37 |
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Je réponds point par point.
1) Ce que vous dites est FAUX : l'équipe de Lamennais a été condamnée pour son libéralisme politique. Notamment était incriminées la liberté de la presse, de conscience, de culte et d'opinion, ainsi que la séparation entre l'Église et l'État.
Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Lisez l'encyclique Mirari vos.
2) Nous parlons bien de libéralisme politique, sauf que vous avez une mauvaise compréhension de ce qu'est le libéralisme politique.
Consultez le Dictionnaire apologétique de la Foi catholique.
3) Philippe Nemo est un collègue de l'Université que j'apprécie beaucoup. Mais il est libéral. Pour comprendre et analyser le libéralisme, j'ai déjà indiqué que je ne me réfère pas aux historiens libéraux du libéralisme, mais aux auteurs catholiques et au Magistère.
Sur le sujet, lisez plutôt : Roussel, Libéralisme et catholicisme.
4) Rejettez-vous le libéralisme politique ?
5) Comme indiqué plus haut, votre argument d'autorité (Philippe Nemo) ne tient pas. Une filiation libérale tient à écarter les penseurs d'origine (position de Benjamin Constant dont se réclame Nemo non sans parti pris). Seule une critique impartiale et rigoureuse du libéralisme doit avoir à grâce à nos yeux, c'est-à-dire la critique catholique. Ne vous en déplaise, Rousseau est un penseur libéral :
L'homme étant bon par nature, il s'ensuit d'après Rousseau « le rejet de tout lien, de toute limitation, de toute autorité qui prétendrait régler ou réfréner une pareille nature : tout ce qu'elle pense, tout ce qu'elle dit, tout ce qu'elle veut et fait ne peut être que bon. Ce sera par voie de conséquence la dissolution radicale de toute société, religieuse, domestique ou politique. En ce dernier domaine, Rousseau aboutit logiquement à une démocratie égalitaire où tous les individus sont censés obéir librement car ils commandent tous également ; mais en fait on assistera plutôt à l'oscillation perpétuelle entre la centralisation oppressive d'un État omnipotent et l'anarchie non moins tyrannique d'une démagogie effrénée » (Abbé A. Roussel, « Les origines du libéralisme », in Libéralisme et catholicisme, imprimatur, 1926, p. 24).
Falsification politique de notre liberté, le libéralisme, qu'il le comprenne ou qu'il l'ignore, est la source et forme l'essence de la Révolution. Il a voulu substituer la volonté de l'homme aux lois divines, à ce qu'il nomme par dérision le droit divin. Une telle suppression de Dieu entraîne naturellement, dans l'ordre intellectuel, la souveraineté de la raison, dans l'ordre moral, la souveraineté de notre volonté, et dans l’ordre politique, la souveraineté de la foule. En religion, c'est le rationalisme avec ses conséquences, scepticisme, sensualisme et athéisme ; en politique, c'est la souveraineté du peuple avec ses résultats : césarisme, oligarchie et anarchie ; puis en économie, c'est l'individualisme avec tous ses effets, concurrence, cupidité, monopole, luxe, appétits et misère. Survient ici la guerre sociale, née du conflit des divers éléments de la production que met en contact l'envie, surexcitée par la souveraineté de l'homme succédant à celle de Dieu. En suscitant la guerre contre Dieu, le libéralisme l'alluma contre l'homme (Antoine Blanc de Saint-Bonnet).
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