Mieux vaut la conviction de Pie IX que celle de Candidus par N.M. 2020-05-04 12:36:45 |
|
Imprimer |
Merci de bien vouloir tout lire !
Maximin ne dit pas que les évènements seront reportés et arriveront "un peu plus tard" si tout le peuple change du tout au tout, mais seulement et tout simplement s'il change "un peu".
Vous pouvez vous gausser autant que vous voudrez, mais il ne semble pas particulièrement téméraire de penser que si la réalisation des évènements en question à pu être rapporté, ce n'est peut-être pas complètement étranger au réveil de la pratique religieuse qui s'est manifesté dans le courant du XIXe siècle. Certes, un réveil bien imparfait et bien fragile (et inégal selon les provinces) mais qui est néanmoins admis, me semble-t-il, par les historiens.
Le peuple aurait donc changé "un peu".
Le problème, dans votre lecture à œillères, c'est que vous avez décidé de n'instruire à charge (contre les voyants) et jamais à décharge.
En toute logique, et si on vous suivait jusqu'au bout, ce n'est pas seulement les prétendues "vaticinations" des voyants et ces voyants eux-mêmes qu'il faudrait, selon vous, rejeter, mais le "fait" de La Salette lui-même, c'est-à-dire le fait des apparitions elles-mêmes.
A ce sujet, il est bon de connaître le témoignage du chanoine Rousselot qui, accompagné du chanoine Gerin, et mandatés par Mgr de Bruillard (évêque de Grenoble de 1826 à 1853) apportèrent à Rome les deux textes que vous qualifiez de "vaticinations" et les remirent en mains propres au pape Pie IX :
"Le secret dont nous étions porteurs devait être la vie ou la mort de La Salette : sa vie, si le secret n'est pas indigne de Celle qui l'a confié ; sa mort, si ce secret était nul ou ridicule, ou contraire aux enseignements de la foi. Et, dans ce second cas, quel était le devoir rigoureux de Sa Sainteté, sinon de nous dire qu'il fallait laisser tomber dans l'oubli le fait de La Salette, ne plus nous en occuper, ne plus en faire le sujet de nos écrits."
Ch. Rousselot, Un nouveau sanctuaire à Marie, Grenoble, 1853, p. 59, cité par Corteville, La Grande Nouvelle, p. 189.
"Le cardinal Lambruschini, préfet de la Congrégation des Rites, répond à Rousselot le 7 octobre [1851], par une lettre écrite en français. Il a lu le Mandement 'très attentivement'. A son avis, l'évêque de Grenoble a observé 'les règles de la Sainte Église'. La lecture n'a 'rien laissé à désirer' au cardinal, 'surtout par l'examen de l'évènement qui a été poussé, avec édifiante et tout à fait louable rigueur'."
Jean Stern, La Salette, documents authentiques, t. III, p. 67.
"Article 1er. Nous jugeons que l'apparition de la Sainte Vierge à deux bergers, le 19 septembre 1846, sur une montagne de la chaîne des Alpes, située dans la paroisse de La Salette, de l'archiprêtré de Corps, porte en elle-même tous les caractères de vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine."
"Nous n'avons, du reste, jamais cessé d'être disposé à nous renfermer scrupuleusement dans les saintes règles que l’Église nous a tracées par la plume de ses savants docteurs, et même à réformer sur cet objet, comme sur tous les autres, notre jugement, si la chaire de saint Pierre, la mère et maîtresse de toutes les églises, croyait devoir émettre un jugement contraire au nôtre.
"Nous étions dans ces dispositions, et animé de ces sentiments, lorsque la Providence divine nous a fourni l'occasion d'enjoindre aux deux enfants privilégiés de faire parvenir leur secret à notre Très-Saint Père le pape Pie IX. Au nom du vicaire de Jésus-Christ, les bergers ont compris qu'ils devaient obéir. Ils se sont décidés à révéler au Souverain Pontife un secret qu'ils avaient gardé jusqu'alors avec une constance invincible, et que rien n'avait pu leur arracher. Ils l'ont donc écrit eux-mêmes, chacun séparément ; ils ont ensuite plié et cacheté leur lettre en présence d'hommes respectables que nous avons désignés pour leur servir de témoins, et nous avons chargé deux prêtres qui ont toute notre confiance de porter à Rome cette dépêche mystérieuse. Ainsi est tombée la dernière objection que l'on faisait contre l'apparition, savoir qu'il n'y avait point de secret, ou que ce secret était sans importance, puéril même, et que les enfants ne voudraient pas le faire connaître à l’Église."
Mgr de Bruillard, Mandement de Monseigneur l’Évêque de Grenoble autorisant l'érection d'un nouveau sanctuaire à Marie sur la montagne de La Salette, 19 septembre 1851.
"M. Rousselot et moi étions, le 18 juillet dernier [1851], aux pieds de Sa Sainteté Pie IX, remettant entre ses mains, de la part de Monseigneur de Grenoble, les deux secrets des jeunes bergers de La Salette.
"Le Saint-Père, assis devant son bureau, s'est levé, après nous avoir donné sa main à baiser, ce qui est une faveur insigne. Allant dans l'embrasure de sa fenêtre, il oubliait presque qu'il était pape, et disait : 'Suis-je obligé de garder ces secrets ?' 'Très Saint Père, lui ai-je dit, vous avez la clef de toutes choses.'
"(Par quelques miettes seulement de ces secrets, qui sont arrivés jusqu'à nous, on croit que Maximin annonce la miséricorde ou la réhabilitation de toutes choses, et Mélanie annonce de grands châtiments. Je savais que le secret de Maximin est plus court. Le Saint-Père l'a lu le premier ; il a fait l'éloge de la candeur, de la simplicité de cet enfant.)
"A la lecture du second secret, de celui de Mélanie, la figure du Saint-Père n'a plus été la même ; ses lèvres se sont comprimées, ses joues se sont considérablement gonflées, après cette lecture, le Saint Père nous a regardés et a dit :
"'Ce sont des fléaux qui menacent la France. Elle n'est pas seulement coupable : l'Italie l'est bien aussi ; l'Allemagne, la Suisse, l'Europe ! Ce n'est pas sans raison que l’Église est appelée militante. Vous en voyez ici le capitaine ! J'ai moins à craindre de l'impiété déclarée que de l'indifférence religieuse et du respect humain.'"
Relation de l'entrevue des chanoines Gerin et Rousselot, par le même chanoine Gerin, septembre 1851, citée par Corteville (La Grande Nouvelle), p. 189.
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|