Réponse par Signo 2019-03-01 15:20:11 |
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D'accord avec vous sur les dangers du "face au peuple", mais justement le Concile n'aborde pas cette question et les normes du NOM ne font que permettre (ce qui à mon sens est déjà trop, mais passons) la célébration "face au peuple", et ne l'imposent pas. Je rappelle en outre qu'il y a quantité d'endroits où la messe NOM est dite ordinairement versus Deum.
Donc une fois de plus, on fait dire au Concile quelque chose qu'il ne dit pas. La définition de la liturgie que l'on trouve dans la constitution conciliaire SC est parfaitement traditionnelle (primat du divin sur l'humain, de la contemplation sur l'action etc) et entre donc en contradiction frontale avec ce qui s'est fait sur le terrain "au nom du Concile".
D'accord avec vous sur la disparition des confessionnaux... mais là encore, rien à voir avec le Concile!
Ensuite, si la mortification et l'ascèse ont été abandonnées par la majorité des catholiques, c'est qu'il y avait des raisons. J'en vois deux:
-la première, c'est le climat de l'époque, très jouisseur et hédoniste dans le contexte de mai 68;
-la deuxième, c'est le fait que cette ascèse et cette mortification était imposée de manière rigide sans que l'on en comprenne concrètement le sens et la finalité. Le problème est qu'à partir du XVIe siècle dans l'Eglise la foi a commencé à dégénérer bien souvent en moralisme. Donc la vertu morale devient la finalité et l'ascèse n'est plus vu que comme un outil de perfectionnement, et non comme une étape vers la contemplation et la mystique. Ce moralisme a finit par apparaître comme inhumain (et de fait, bien souvent il l'était) de sorte qu'on a préféré jeter le bébé avec l'eau du bain. Il y avait donc un vrai problème dans l'Eglise d'avant le Concile, qui n'était pas seulement de nature idéologique (les vrais modernistes n'était qu'une minorité) mais bien un problème de spiritualité. Le progressisme n'a été qu'un habillage idéologique pour justifier l'abandon de la piété traditionnelle, abandon qui a été vécu comme une libération par une génération entière de prêtres et de fidèles... peut-être justement parce qu'elle n'était déjà plus traditionnelle, c'est à dire ordonnée à la mystique.
Ni la messe de Paul VI ni le Concile ne présentent Dieu comme un copain sympathique. Relisez les textes! Vous confondez le Concile avec la mentalité soixante-huitarde appliquée au catholicisme, qui ne sont pas seulement très différents mais complètement opposés. Il y a quantité de catholiques, de monastères, de prêtres, qui adhèrent à 100% à Vatican II, pratiquent la forme ordinaire, et ont une spiritualité et une vision du monde tout à fait traditionnels.
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