Non. par Signo 2019-02-28 21:25:04 |
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Dire que Vatican II est responsable des déviances sexuelles du clergé est absurde. Dans aucun des textes du Concile, pas même implicitement, on ne trouve une quelconque remise en cause de l'ascèse traditionnelle.
Dans le Concile de Trente en lui-même non plus... en revanche, je pense que la sidération qui est la nôtre face aux révélations de ces derniers mois vient du fait que nous avons été trompés par ce que la mentalité tridentine a mis en place il y a quatre siècles.
Vous le dîtes vous même: la réforme tridentine a mis "des barrières". Tout le problème est là: elle n'a fait que cela. Or la seule méthode efficace pour repousser les assauts du démon, c'est de restaurer le coeur, c'est à dire la vie surnaturelle en Dieu. Les "connaissances catéchétiques" sont nécessaires, mais elles n'ont jamais permis en elle-mêmes d'empêcher quiconque de vivre dans la débauche. Beaucoup de prélats menant une double vie à Rome et ailleurs ont une doctrine parfaitement irréprochable.
Certes, il y a quelques saints post-tridentins qui ont tenté cela, et l'on même réussi, à petite échelle et à leur niveau. Mais dans l'ensemble, la réforme tridentine n'a fait que mettre en place des barrières, des digues, des règles, des codifications juridiques, des corsets pour maintenir l'apparence. La façade. Le squelette. Les structures. Mais le coeur, lui, avait cessé de battre, et on ne s'en était pas préoccupé. Les séminaristes bien dressés des années 1950 portant sagement la cappa magna de leur évêque au cours de "cérémonies" réglées comme du papier à musique sont les mêmes qui, quelques années plus tard, ont tout jeté aux orties pour épouser le progressisme le plus déluré. Maritain lui-même parlait à propos de la crise des années 1960 de "brusque libération de misérables libidines longtemps refoulées". Vous voyez que je n'invente rien.
Tout ce corset rigide repose essentiellement sur la répression et le refoulement. Mais ni la répression ni le refoulement ne peuvent entraîner la conversion du coeur.
C'est ainsi que ce catholicisme tridentin a débouché sur le catholicisme bourgeois du XIXe siècle: la religion n'est plus qu'un conformisme social, un vernis, souvent même un outil de contrôle social instrumentalisé par le pouvoir politique (la religion n'a d'intérêt que dans la mesure où elle permet de maintenir la "morale"). Une religion d'obligations et de façade. Messe le dimanche. Catéchisme le jeudi. Poisson le vendredi. Et ça s'arrête là.
Mais le vrai christianisme, ce n'est pas cela. Le vrai christianisme, c'est l'immersion dans le Mystère du Christ qui mène à l'union à Dieu par l'épanouissement de la charité surnaturelle. Toutes les réalités qui composent l'Eglise (hiérarchie, sacerdoce, sacrements, théologie, liturgie, catéchisme, doctrine, etc) sont ordonnées à cette finalité.
La chasteté, que ce soit celle des prêtres ou des fidèles, ne peut être vécu sereinement que sur le plan surnaturel. C'est à dire: ascèse, union à Dieu par la prière continuelle, contemplation du Mystère et des vérités mystiques. Si cela n'est pas pleinement vécu, elle se transforme vite en névrose monstrueuse et débouche sur les torrents de boue qui se répandent sur l'Eglise actuellement. Or, cette vie surnaturelle a été éliminée de l'Eglise en Occident en deux phases: d'abord, dans le sillage de Trente, on ne maintien que les pratiques extérieures(prières, jeûnes, pénitences, rites, etc), de manière rigide et sans en comprendre le sens et la finalité; ensuite, dans le sillage de Vatican II, on supprime ces formes extérieures puisqu'on ne les comprends plus, qu'on ne les vit plus, et donc qu'elles nous sont devenues insupportables.
C'est à ce moment que survient le raz-de-marée qui emporte tout.
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