La Révolution dans l'Eglise par Peregrinus 2019-03-01 10:17:01 |
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Comme il me semble que cela vous a déjà été dit, votre approche de ce que vous appelez le catholicisme tridentin est extrêmement superficielle. L'élan missionnaire à l'échelle du monde entier, le rétablissement de la religion catholique dans des territoires qui semblaient acquis à l'hérésie, en Europe centrale par exemple, le renouveau de la vie régulière, la pléiade de saints qui a porté et suivi la réforme catholique ne suffisent-ils donc pas à vous prouver qu'elle n'a pas seulement purifié l'extérieur du vase, mais qu'elle a remis le sens de la gloire et de l'amour de Dieu dans les cœurs ?
Mais il me semble également qu'un élément n'est pas suffisamment pris en compte lorsque l'on envisage les rapports éventuels entre Vatican II et les scandales actuels.
Il me paraît relativement clair que ceux-ci ne sont pas la conséquence directe des textes conciliaires en tant que tels ; du moins n'ai-je aucune autorité pour en juger. Mais cela ne suffit pas à exonérer le Concile de toute responsabilité. Il n'est en effet pas suffisant de distinguer le Concile comme lettre et le Concile comme esprit authentique ou dévoyé. Il faut considérer également le Concile comme événement.
Et l'événement conciliaire présente bien des caractères d'une révolution politique, c'est-à-dire d'une situation de vacance et de déplacement du pouvoir. Le coup d'Etat d'octobre 1962 et sa validation par Jean XXIII ont lancé un processus révolutionnaire auquel les textes conciliaires n'ont su opposer aucune barrière, c'est le moins que l'on puisse dire : on pourrait même dire, en s'appuyant sur l'aveu de certains de leurs auteurs, qu'ils ont précisément été conçus pour être incapables d'arrêter le mouvement. C'est avant tout comme événément que Vatican II, c'est la Révolution dans l'Eglise, dans le sens le plus politique du terme. Et la tournure révolutionnaire prise par les événements juge le Concile pastoral et la pertinence de ses textes, même sans mettre nécessairement en cause leur orthodoxie.
Or une révolution est une situation à la faveur de laquelle les dépravés, les hommes sans scrupule, les aventuriers, les mafieux en tous genres s'emparent avec le plus de facilité des premières places. C'est le cas en France après 1789, c'est le cas aux Etats-Unis lors de la Reconstruction de 1863-1877, c'est le cas à plus forte raison de la Russie soviétique.
Dès lors, outre les aspects importants soulignés par Sacerdos Simplex, il me semble qu'il faut sérieusement envisager que le Concile comme révolution puisse avoir une responsabilité considérable dans la colonisation de la hiérarchie par les personnages dépravés dont les turpitudes et les scandales affligent aujourd'hui l'Eglise.
Peregrinus
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