En ce qui concerne Mgr Lefevbre, il n'a jamais hésité à mettre dehors ceux qui le traitaient de "libéral", une excellente manière de leur montrer qu'il ne l'était pas.
Cette attitude ne prouve rien (ni dans un sens ni dans l’autre d’ailleurs) : l’expérience démontre au contraire qu’il n’y a généralement pas plus sectaire qu’un libéral.
Lors de la parution du Syllabus, le député Emile Keller, qui avait efficacement participé à sa diffusion, en publia un commentaire visant à démontrer par l’histoire les principes rappelés par le pape Pie IX, commentaire qu’il considéra toujours comme son œuvre maîtresse.
Or, ce député, que les papes Pie IX et Léon XIII appréciaient et que Napoléon III redoutait comme son “ennemi personnel”, est à peu près complètement oublié aujourd’hui : ses ennemis libéraux, très influents, se sont arrangés pour en parler le moins possible. Tactique déjà notée par le général de Lamoricière, dans une lettre envoyée au député, l’année même de la parution du commentaire.
Par exemple, Keller était l’auteur d’une histoire de France qui, jusqu’à la parution du Syllabus, figurait parmi les ouvrages recommandés à la jeunesse par le “catholique libéral” Mgr Dupanloup, mais celui-ci s’empressa de la retirer de sa liste après l’adhésion de Keller au Syllabus. “Mon histoire est-elle devenue moins bonne, demandait ironiquement le député, parce que j’ai adhéré à l’encyclique ?”
Non, aux yeux des libéraux, nul n’a d’esprit, hormis eux et leurs amis...
V.