La lettre tue, c'est l'esprit qui vivifie par Romanus 2015-03-04 21:16:53 |
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J'ignore pourquoi vous croyez devoir vous emporter. J'essaye de comprendre votre pensée et le débat qui vous oppose à maître Parfu.
Je suis à 7000 km de mes livres de dom de Monleon et ne peux donc consulter sa réponse aux modernistes.
Je retrouve néanmoins ce texte:
«Il y a dans la Bible, sous-jacent à la signification littérale du texte, un sens dit spirituel ou mystique. Jamais, dit saint Grégoire, les paroles de ce Livre divin ne pourraient être conservées avec tant de vénération jusqu’à la fin du monde, si elles n’étaient pleines d’une signification mystique. [Morales sur Job, vii,6] C’est cette signification qui nous initie aux réalités de l’ordre surnaturel, nous aide à pénétrer les mystères fondamentaux de la religion, affine en nous la connaissance du bien et du mal, et stimule dans nos âmes le désir de la vie éternelle. [...] Le sens spirituel n’est en aucune façon le fruit de l’imagination des Pères de l’Église, comme on le croit et l’écrit trop souvent. Il dépasse la capacité de la raison humaine, il ressortit à la Révélation, il est l’œuvre du Saint-Esprit. Il fut enseigné aux Apôtres, d’abord par Notre-Seigneur, lorsqu’après sa Résurrection il leur ouvrit l’esprit pour qu’ils comprissent les Écritures [Lc.xxiv,45], et confirmé ensuite à la Pentecôte, quand ils reçurent le don d’intelligence. Précieusement conservé par la tradition orale durant les premiers siècles, il fut consigné peu à peu dans les écrits des Pères de l’Église, et c’est là l’unique source où nous pouvons le trouver. Rien n’est aussi insensé que de prétendre l’expliquer sans recourir à eux. [...] Les prédicateurs et les pasteurs d’âmes ont le devoir de l’exposer aux fidèles, avec mesure et prudence sans doute, mais avec foi. Car la lettre tue et c’est l’esprit qui vivifie. [IICor.iii,6] Sans lui, de nombreuses passages des Livres Saints sont absolument insipides, inintelligibles, ou même scandaleux. » [Dom Jean de Monléon, Le Cantique des cantiques, Paris 1969, pp. 8-9]
Le sens littéral, sens de la lettre des mots, peut être propre (selon le sens propre des mots) ou métaphorique (selon une certaine manière de parler). Ainsi, lorsqu’il est écrit que Jésus-Christ est monté au ciel le jour de l’Ascension, la sainte Écriture parle au sens propre: il est vraiment, physiquement, monté sous les yeux de ses Apôtres (c’est même un article de foi). Lorsqu’il est écrit que Dieu se met en colère, il s’agit du sens métaphorique puisque Dieu n’est pas affecté de passions humaines.
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