À propos d’un passage de Pacem in Terris... par Vianney 2014-05-08 13:56:07 |
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...“dont les conséquences ont été immenses”, quelques extraits d’un article du philosophe Louis Jugnet qui commence par citer le passage en question :
De même, on ne peut identifier de fausses théories philosophiques sur la nature, l’origine et la finalité du Monde et de l’Homme, avec des mouvements historiques fondés dans un but économique, culturel ou politique, même si ces derniers ont dû leur origine et puisent encore leur inspiration dans ces théories. Une doctrine, une fois fixée et formulée, ne change plus, tandis que des mouvements ayant pour objet les conditions concrètes et changeantes de la vie ne peuvent pas ne pas être largement influencés par cette évolution. Du reste, dans la mesure où ces mouvements sont d’accord avec les sains principes de la raison et répondent aux justes aspirations de la personne humaine, qui refuserait d’y reconnaître des éléments positifs et dignes d’approbation ? Il peut arriver par conséquent que certaines rencontres au plan des réalisations pratiques, qui jusqu’ici avaient apparu inopportunes ou stériles, puissent maintenant présenter des avantages réels ou en promettre pour l’avenir.
Cette attitude de l’Encyclique est entièrement nouvelle, et manifestement en rupture avec toutes les directives romaines antérieures, notamment l’Encyclique « Divini Redemptoris » de Pie XI, les directives répétées de Pie XII dans ses discours, allocutions, etc... et les décrets canoniques du St Office (notamment ceux d’Août 1949). La gêne, et parfois le désarroi des publications catholiques de droit qui ont été forcées ici de se livrer à des acrobaties exégétiques pour essayer de prouver le contraire, le montre assez (l’une d’entre elles a prétendu que ce paragraphe ne concernait nullement le communisme). Inversement la joie des progressistes, en France et à l’étranger, prouve qu’au fond tout le monde avait parfaitement compris ce qui était dit...
— Le texte, scruté en lui-même, est loin d’être d’une rigueur parfaite. Qu’on en juge :
1. Il parle de mouvements « fondés dans un but économique, etc... ». Or du point de vue simplement profane, rationnel, historique, ou philosophique, de nombreux et bons interprètes, tant de la Révolution française que du Marxisme, attribuent à ces mouvements une racine essentiellement métaphysique (Camus et Malraux, pour la Révolution française. rejoignaient ici sans le vouloir Maistre et son école). Pour le Marxisme, beaucoup d’interprètes y voient une opposition radicale à la Transcendance de Dieu, un Athéisme intense, plus intense encore que son anticapitalisme. Pour accepter cette formule sans nuance, il faut donc d’abord accepter une interprétation fort discutable des doctrines révolutionnaires.
2. La confusion est encore accrue par l’énumération du but « culturel » dans la série citée. Car comment un but culturel serait-il, fût-ce relativement, indépendant d’une philosophie correspondante ?
3. L’impression d’incohérence et d’illogisme est encore accrue si on réfléchit sur le fait que, d’après le texte analysé, on concède que ces mouvements ont « dû leur origine et puisent encore leur inspiration dans ces théories ». Que devient la distinction, presque la séparation qu’on voulait établir entre l’aspect théorique et l’aspect pratique, l’aspect doctrinal et l’aspect institutionnel du problème envisagé ?...
4. Et ces doctrines, dont on concédait au début du paragraphe qu’elles n’étaient pas bonnes, tant la chose semblait aller de soi, on nous parle, pour finir, de leur accord, au moins partiel « avec les sains principes de la raison » et les « justes aspirations de la personne humaine... »
Vraiment comment jugerait et noterait-on une thèse de doctorat, par exemple qui argumenterait de cette manière ?
10.000 églises fermées, 14.000 prêtres éliminés d’une façon ou d’une autre, tous les évêques mutés (déplacés) quelques-uns emprisonnés, lutte contre les derniers monastères, etc... (sans parler bien sûr, des immenses persécutions sanglantes et policières antérieures).
Aujourd’hui comme en 1956, il faut répéter que la doctrine fondamentale du Gouvernement soviétique n’a subi aucun changement. C’est toujours le matérialisme athée prêché par Karl Marx, avec son corollaire implacable qu’il faut arriver à l’anéantissement de toutes les religions. Les variations de la tactique ne servent qu’à frapper avec plus d’efficacité.
On prétend que Jean XXIII aurait pleuré en apprenant les effets produits par la diffusion de l’Encyclique. C’est là une affirmation gratuite et qui ne change rien à la réalité. Le glissement à gauche aux élections italiennes, l’exultation des communistes et des progressistes, le désarroi des catholiques traditionnels, sont, eux, des faits indubitables... Toutes les acrobaties exégétiques ne sauraient les effacer.
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