Jean XXIII, un pape profondément conservateur ? par Candidus 2014-05-08 10:51:40 |
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Je vous propose la traduction -adaptée- d’une partie d’un article paru dans la presse italienne (le quotidien Libero) :
Lorsque l’on parcourt la biographie et les écrits de St. Angelo Roncalli, il est possible de conclure qu’il fut "l'héritier d'une vision hyper-traditionnelle de la foi qu’il conserva jusqu’à sa mort". Jean Mercier, chroniqueur de l'hebdomadaire catholique La Vie [...] écrit dans le numéro du 22 Avril que "son modèle était Pie X lui-même, connu pour ses virulentes convictions anti-modernistes. Dans son journal intime Roncalli s’exprime selon les valeurs du Concile de Trente, valorisant le sacrifice et la mortification. On peut s’amuser à imaginer quelle aurait été sa réaction s'il avait connu les remises en question de l'autorité au sein de l'Église après 1968 ou les expériences avant-gardistes des années 70 dans le domaine de la catéchèse ou de la liturgie ".
Dans son journal intime, le 2 Décembre 1951, alors qu’il était nonce en France, Mgr Roncalli indique à quel point il a été scandalisé par certaines innovations liturgiques : “J'ai assisté à la messe à l’église Saint-Severin. J’y ai pris froid. La musique s’est beaucoup améliorée, mais la messe face au peuple est une grave violation des lois liturgiques. Tout le Canon était prononcé à voix haute et non en secret comme le prescrit le Missel [...] j’ai informé comme il convenait, l’abbé Connan, curé, de la gravité de cet abus et je pense que cela va cesser. Oh ! Que de difficultés avec ces têtes brûlées et un peu farfelues.”
Angelo Roncalli conserva cette sensibilité traditionnelle jusqu'à la fin de sa vie. En témoigne la Constitution Apostolique Sapientia Veterum de 1961, dans laquelle il exaltait contre ceux qui la contestaient "l'utilisation ancienne et ininterrompue de la langue latine". Dans ce document, il prévoyait la création d'une académie destinée à promouvoir l’étude et la diffusion de la langue latine.
En 1959, à l’occasion de la Semaine Sainte, Jean XXIII souhaita corriger les modifications introduites par son prédécesseur Pie XII dans la liturgie [et effectivement, à cette occasion, le pape lui-même exigea que les rites suivissent la discipline liturgique antérieure à la réforme pacellienne].
On ne peut pas non plus attribuer au pape qui a convoqué le Concile, l'ambiguïté de l'expression « aggiornarmento ». Parmi toutes les significations possibles, avertit Don Pietro Cantoni, modérateur de la Fraternité Saint-Philippe Neri, “il faut éliminer avec certitude l’idée d’une adaptation à la mentalité de l'époque dans le sens d'une atténuation du radicalisme chrétien. " Jean XXIII lui-même, lors d’une allocution prononcée quelque temps avant son discours programmatique de l'ouverture du Concile, s’adressant à des directeurs spirituels de séminaires reçus en audience 9 Septembre 1962, leur recommande "de former les jeunes à mieux comprendre le monde dans lequel ils sont appelés à vivre et à travailler, de leur enseigner à sanctifier tout ce que le progrès offre de bon, de sain et de beau mais en évitant toute compromission avec l'esprit du monde, et en se gardant d’atténuer d’une quelconque manière l'importance de la mortification et du renoncement. Un aggiornamento mal compris, qui ne se préoccuperait que d’adoucir la vie du séminaire, ou de cajoler la nature, créerait une personnalité aux antipodes de celle de Jésus, Prêtre et Victime ".
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