Une réconciliation est possible sans accord sur Vatican II par Athanase 2014-02-26 16:22:28 |
|
Imprimer |
On nous dit souvent qu'il y a un fossé entre l'Eglise et la FSSPX à cause du statut du concile. On nous dit qu'il faut "reconnaître" Vatican II. Mais que signifie, précisément, "reconnaître" quand il y a assez peu de points doctrinaux (à part la sacramentalité de l'épiscopat, l'Eglise vue comme un élément complexe ne dissociant pas son corps et son âme, etc.); a fortiori, rien de dogmatique, parce que, tout simplement, les pères conciliaires ne le voulaient pas. Jean XXIII entendait tout simplement rappeler la doctrine traditionnelle, mais nullement l'amender ou la modifier. Donc Vatican II ne devrait pas poser de problèmes parce que, tout simplement, il n'existe pas stricto sensu de foi "duovaticanesque" comme il a existé dans le passé une profession de foi tridentine ou nicéenne. Il est donc impossible de demander une adhésion à quelque chose qui n'existe pas. Les difficultés avec la FSSPX relèvent plus du climat ecclésial qu'autre chose (soit dit en passant, ce climat est aussi bien interne à l'Eglise qu'interne à la FSSPX). Et d'un...
Et puis si l'on regarde l'histoire, en 1965, les pères conciliaires ont signé des textes sans forcément entendre la même chose, pour ne pas dire des choses diamétralement opposées. Je ne suis pas certain que le Cardinal Suenens ait entendu les textes dans les mêmes sens que Mgr Lefebvre qui, avec les pères du Coetus, signa ces textes. Comment 3000 pères conciliaires auraient-ils pu entendre les choses de la même manière ? Certains ont signé avec joie, d'autres avec opportunisme, d'autres encore en traînant les pieds... C'est tout. Donc "reconnaître" Vatican II ne veut pas dire grand chose, car, tout simplement, cette expression ne signifie rien. Adhère-t-on à un état d'esprit comme on adhère à une position doctrinale ? Très honnêtement, cela tient de la prestidigitation, car on adhère jamais, en soi, à quelque chose de fluctuant ou d'inexistant... Et de deux.
Au concile de Nicée, en 325, les Novatiens - nom donné à des dissidents qui entrèrent en bisbille avec Rome vers la moitié du IIIème siècle après Jésus-Christ - furent même invités, alors qu'ils étaient en position dissidente. Mais la Grande Eglise avait reconnu qu'ils ne différaient point de ce qui allait être défini au concile. Et d'ailleurs, Nicéens et Novatiens tinrent bon contre les hérétiques ariens. A méditer dans ces temps un peu compliqués...
Soutenir le Forum Catholique dans son entretien, c'est possible. Soit à l'aide d'un virement mensuel soit par le biais d'un soutien ponctuel. Rendez-vous sur la page dédiée en cliquant ici. D'avance, merci !
|